Qu’est-ce que la mondialisation ?

La mondialisation est un processus d’intensification et de dérégulation des échanges ainsi que d’intégration des marchés. Si elle revêt une dimension financière forte, elle ne s’y réduit pas, puisqu’elle concerne aussi la politique, la culture ou l’environnement.

Sur un temps long, plusieurs phases de mondialisation peuvent être identifiées. Pour l’historien Fernand Braudel, la traversée de l’Atlantique par les explorateurs européens serait la première mondialisation moderne. Une autre séquence importante concerne la fin du XIXe siècle, jusqu’à 1914. Les progrès technologiques et la diminution des coûts de transport pour les marchandises et les populations font naître un espace mondial avec des échanges multipliés par six entre 1860 et 1914. Après le coup d’arrêt brutal de la « Grande Guerre », si la mondialisation connaît un recul avec la crise des années 1930 et le retour du protectionnisme, elle reprend progressivement après la Seconde Guerre mondiale, pour se développer dans les années 1970.

Cette mondialisation contemporaine se distingue des précédentes formes par une contraction sans précédent de l’espace et du temps, l’enjeu numérique, ou encore la généralisation du libre-échange et les politiques de dérèglementation des échanges portées par des institutions internationales. Entre 1960 et 2010, le volume du commerce international des biens et des services aurait ainsi été multiplié par quinze. Cette situation est illustrée par la métaphore du « village global » de Marshall McLuhan (1967).

Cette mondialisation entraîne par ailleurs un traitement commun des enjeux et une uniformisation des pratiques ou comportements attendus de la part des États. Elle suscite en outre une multiplication d’acteurs, au-delà des États, avec une importance croissante prise par les réseaux transnationaux ou des entités comme les firmes multinationales. Pour les libéraux, la mondialisation a des vertus pacificatrices car elle impose aux États, interdépendants, de coopérer entre eux, rendant la guerre contre-productive.

Mais elle fait aussi l’objet de contestations, sur le thème de l’accroissement des inégalités laissant de côté des périphéries face à des métropoles intégrées. Elle suscite également des réactions identitaires contre ce qui est décrit comme une trop grande uniformisation. Une partie de ces protestataires, les altermondialistes, s’identifient par leur nom même à cette dénonciation. La crise de 2008 a quant à elle provoqué un ralentissement du phénomène de mondialisation.