Qu’est-ce qu’une monnaie internationale ?

Le rôle d’une monnaie internationale consiste à faciliter les échanges entre différents États, en étant utilisée comme une monnaie de paiement, mais aussi un instrument de réserve. Elle devient alors une unité de compte dans les échanges internationaux.

L’or a longtemps joué ce rôle, avec le principe de l’étalon-or. Puis ce sont des monnaies nationales qui l’ont tenu. Historiquement, le dollar, au cœur du système de Bretton Woods, a eu cette fonction. Avec la fin de ce système ont émergé des monnaies concurrentes, comme l’euro.

La reconnaissance d’une nouvelle monnaie internationale revient à prendre acte de la consolidation d’une puissance économique, capable de permettre l’achat d’obligations dans sa monnaie. En 2015, le FMI décidait d’inclure le yuan chinois parmi les cinq devises (dollar, euro, livre sterling et yen) servant à fixer la valeur des droits de tirage spéciaux (DTS), le hissant au statut de monnaie internationale. Il représentait alors 2,5 % des transactions internationales, contre 29 % pour l’euro et 43 % pour le dollar. Surtout, le yuan remplissait les critères : être émis par un pays exportateur important, et être régulièrement utilisé pour le règlement des transactions internationales et échangé sur le marché des changes.

Or cette reconnaissance ne suffit pas. Certes, quelques décisions symboliques sont allées dans le sens de la décision du FMI : en 2018, la Bundesbank intègre le yuan dans ses réserves de devises, et la Banque centrale du Nigeria incite les entreprises à utiliser le yuan au lieu du dollar dans leurs importations en provenance de Chine. Toutefois, le dollar continue de représenter presque 64 % des réserves de change des banques centrales. L’euro arrive ensuite avec environ 20 %, puis le yen japonais et la livre sterling à 4,5 % chacun, le yuan ne pesant que 1,12 %.