Consommation et épargne : définition et interdépendances

La consommation et l’épargne font l’objet de définitions précises issues de la comptabilité nationale.

Par La Rédaction

Définitions de la consommation et de l’épargne

Au niveau macroéconomique, la comptabilité nationale définit deux notions de consommation :

  • la consommation effective des ménages recouvre l’ensemble des biens et services que les ménages consomment effectivement, que ces acquisitions aient fait, ou non, l’objet d’une dépense de leur part ;
  • la dépense de consommation finale des ménages comprend les dépenses effectivement réalisées par les ménages résidents pour acquérir des biens et des services destinés à la satisfaction de leurs besoins. Elle inclue la part des dépenses de santé, d’éducation, de logement, restant à leur charge, après remboursements éventuels.

L’écart entre les deux notions représente la dépense de consommation individualisable des administrations publiques dont la valeur correspond aux transferts sociaux en nature (remboursement de médicaments, allocations logement) et aux transferts de biens et services non marchands (soins hospitaliers, dépenses d’éducation).

À ces deux notions de la consommation correspondent deux notions de revenu pour les ménages :

  • le revenu disponible brut comprend tous les revenus reçus par les ménages (à l'exception des transferts sociaux en nature) plus les intérêts, moins les impôts sur le revenu et toutes les cotisations sociales versées. Le revenu disponible brut est la somme de la dépense de consommation finale des ménages et de leur épargne ;
  • le revenu disponible brut ajusté qui ajoute au revenu disponible brut les transferts sociaux en nature. Il est alloué à la consommation effective et à l’épargne.

L’épargne est la partie non consommée du revenu disponible. Au niveau macroéconomique, elle correspond à la somme de l’épargne des ménages, des entreprises et des administrations.

Pour les ménages, l’épargne est égal au revenu disponible diminué de la dépense de consommation, ou encore au revenu disponible ajusté diminué de la consommation finale effective.

Le taux d’épargne des ménages est le rapport de l’épargne brute au revenu brut disponible.

L’épargne brute des ménages comprend deux composantes : l’investissement dans le logement et l’épargne financière.

Interactions entre la consommation et l’épargne

La théorie classique des relations entre la consommation et l’épargne : la loi de Say

La loi de Say ou la "loi des débouchés" nie la possibilité de toute crise de surproduction généralisée. Ainsi, les produits s’échangent contre des produits. L’offre crée sa propre demande. Grâce au jeu du taux d’intérêt, la loi de Say implique que toute l’épargne est affectée à des fins socialement et individuellement productives.

Un financement sain de l’investissement repose sur une épargne préalable d’un montant équivalent (Friedrich Hayek). La thésaurisation, au-delà de ce qui est nécessaire pour mener les transactions, est jugée irrationnelle : l’épargne trouve toujours l’investissement correspondant.

L’arbitrage entre la consommation et l’épargne dans l’analyse keynésienne

Les économistes keynésiens proposent une lecture différente des relations entre épargne et investissement. L’épargne est la part du revenu qui n’est pas consommée. La hausse de l’épargne restreint la consommation et par conséquent les débouchés des entreprises, ce qui réduit les incitations de ces dernières à investir.

Il est donc préférable qu’une partie de l’investissement soit financée par la création monétaire. L’accélération de la croissance économique qui en résulte permet ensuite une hausse des revenus et donc de l’épargne, et rend possible le remboursement des crédits initiaux. D'après cette analyse, c’est l’investissement qui détermine le niveau de l’épargne.

L’analyse du cycle de vie de Franco Modigliani

À long terme, il faut prendre en compte un grand nombre de variables dont l’influence est difficile à quantifier car elle dépend des anticipations des agents, confrontés à de nombreuses incertitudes (durée de vie, capacités d’endettement, évolutions de la fiscalité).

Dans le cadre du cycle de vie (Franco Modigliani), le taux d’épargne dépend principalement des taux de croissance économique, des taux de rendement du patrimoine (qui influencent le revenu) et du taux de croissance démographique. Les ménages s’endettent en début de vie active puis ils épargnent pour rembourser leurs dettes et se prémunir contre la baisse de revenu consécutive à la retraite.