Qu'est-ce que le droit de grève ?

Par La Rédaction

Le droit de grève est un droit à valeur constitutionnelle.

Il consiste en la cessation concertée du travail en vue d’obtenir la satisfaction de demandes professionnelles. Une grève strictement politique est donc en principe prohibée. Sont aussi interdites certaines pratiques, telles que la grève tournante qui permet de bloquer, avec un tout petit nombre de grévistes à chaque fois, le processus de production. Les faits de grève ne peuvent s’accompagner de violence. En revanche, le fait d’avoir fait grève ne peut en aucun cas justifier un licenciement ou des sanctions de nature pécuniaire (en dehors du non-paiement des jours non travaillés).

En raison des tâches essentielles de l’État, le droit de grève est placé sous un régime particulier dans la fonction publique. Ainsi, certains fonctionnaires ne peuvent pas faire grève (ex : les compagnies républicaines de sécurité (CRS) en vertu d’une loi de 1947, policiers en vertu d’une loi de 1948), tandis que d’autres se voient imposer un système de service minimum (ex : navigation aérienne, transports ferroviaires, télévision et radio, personnel hospitalier...). Par ailleurs, la loi prévoit que les administrations peuvent réquisitionner des fonctionnaires en cas de nécessité. Dans la fonction publique, les organisations syndicales représentatives doivent impérativement, cinq jours avant la date de la grève envisagée, déposer un préavis de grève.

Le droit de grève a été reconnu tardivement. En 1864, le délit de coalition est abrogé mais la grève demeure un motif de licenciement. C’est le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 – auquel se réfère le préambule de la Constitution de 1958 – qui affirme pour la première fois : "Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent" (art. 7).