Retraite : un déficit entre 7,9 et 17,2 milliards d'euros en 2025 selon le COR

Rédigé à la demande du gouvernement, le Conseil d’orientation des retraites (COR) a publié le 21 novembre 2019 un rapport sur les prévisions de déficit des régimes de retraite à l’horizon 2025. Différents scénarios possibles sont proposés ainsi que les moyens de parvenir à un équilibre à cette échéance.

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Boussole avec aiguille pointant sur le mot retraite.
Quel que soit le scénario économique retenu, la part des dépenses de retraite dans le PIB serait stable. Sa constance montre que l'évolution des dépenses de retraite est maîtrisée. © Olivier Le Moal - Stock.adobe.com

Quelles sont les perspectives d’équilibre financier du système de retraite actuel ? Telle était la question posée au Conseil d'orientation des retraites (COR) par le Premier ministre. Cette interrogation faisait suite au rapport remis par Jean-Paul Delevoye sur la mise en place d'un système universel de retraite. Jean-Paul Delevoye recommande notamment que le système de retraite soit à l'équilibre en 2025, année de la mise en oeuvre de la réforme.

Un diagnostic actualisé

Pour établir son diagnostic, le rapport du COR s’appuie sur quatre scénarios économiques allant graduellement d’une croissance de 1,8 % à une croissance de 1%. Le COR actualise ses projections présentées dans son rapport annuel de juin 2019 en fonction des données suivantes :

  • sous-indexation des pensions de base quand la pension totale (c'est-à-dire complémentaire comprise) est aux alentours de 2 000 euros (mesure du PLFSS 2020) ;
  • révision de l'objectif de réduction des effectifs de la fonction publique d'État (- 10 000 emplois au lieu de - 50 000) ;
  • évolution moins dynamique des rémunérations dans la fonction publique.

De l'hypothèse économique la plus optimiste au scénario le plus pessimiste, le déficit du régime de retraite oscillerait entre 7,9 et 17,2 milliards d'euros en 2025 selon les projections du COR.

Cependant, quel que soit le scénario économique retenu, la part des dépenses de retraite dans le produit intérieur brut (PIB) serait stable. Ce taux (13,8% en 2018) mesure le niveau des prélèvements qu'il est nécessaire d'opérer sur la richesse produite pour financer les retraites. Sa stabilité montre que l'évolution des dépenses de retraite est maîtrisée.

La baisse du rapport entre le nombre de cotisants et le nombre de retraités (1,7 actif pour un retraité en 2010, 1,6 en 2030) devrait être compensée par la hausse de l'âge moyen de départ à la retraite (62,1 ans en 2016, 63,3 ans en 2030).

S'agissant des revenus des retraités, la pension moyenne de l'ensemble des retraités devrait représenter entre 47,1 et 47,9% du revenu d'activité moyen brut (51,3% en 2010). Le niveau de vie des retraites devrait être à parité du niveau de vie de l'ensemble de la population (il est légèrement supérieur actuellement).

Les pistes évoquées

Pour atteindre l’équilibre financier en 2025, le COR étudie trois leviers :

  • le niveau des pensions pour les retraités ;
  • le montant des cotisations retraite ;
  • l'âge légal de départ à la retraite.

Le levier âge de départ à la retraite peut prendre plusieurs formes : relèvement de l'âge légal de départ, augmentation de la durée d'assurance requise pour le taux plein, introduction d'un âge minimum du taux plein, etc. Pour la génération 1963, le COR simule un report de l'âge légal jusqu'à 64,3 ans et un allongement de la durée de cotisation jusqu'à 46,3 ans. Le COR met cependant en garde sur les limites de tels chiffrages qui ne prennent pas en compte, par exemple, les effets de ces mesures sur les autres dispositifs sociaux (assurance chômage, minima sociaux, etc.).

Les 25 et 26 novembre, le Premier ministre a reçu les organisations syndicales pour discuter de la refonte des différents régimes de retraite en un régime universel à points.