COVID-19 : l'INSEE mesure une surmortalité jusqu'au début avril

Entre le 2 mars et le 19 avril 2020, la France a connu une augmentation de sa mortalité par rapport aux cinq années précédentes. Cet épisode de surmortalité a plus particulièrement touché les personnes âgées et les zones les plus denses.

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Dans le contexte de crise sanitaire liée à l’épidémie de COVID-19, l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) poursuit son analyse de l’évolution des décès, entamée au début du mois de mars. Selon une nouvelle étude publiée le 11 mai 2020, la hausse des décès enregistrés est de 22 140, soit 26% de plus qu’au cours de la même période entre 2015 et 2019. Globalement, l’INSEE constate une hausse progressive du nombre de décès jusqu'au 5 avril, avant une décrue qui se poursuit jusqu'au 19 avril, date des dernières données disponibles. L’Institut précise qu’il n’a pas connaissance des causes des décès. Cet excédent de mortalité ne correspond donc pas nécessairement à l’ensemble des décès liés à l’épidémie de COVID-19.

Des territoires diversement impactés

En métropole, les deux régions les plus touchées sont l’Île-de-France (+96% de décès supplémentaires) et le Grand Est (+59%). Suivent les régions Bourgogne-Franche-Comté (+28%), Hauts-de-France (+22%) et Auvergne-Rhône-Alpes (+21%). En outre-mer, Mayotte est de loin le département le plus touché (+54%), bien que le nombre de décès y soit plus réduit.

L’étude de la mortalité enregistrée semaine après semaine permet de suivre l’évolution de l’épidémie sur le territoire. Premier territoire touché, la région Grand Est connaît, dès la semaine du 9 mars, une hausse importante de décès, d’abord dans le Haut-Rhin, puis dans cinq départements géographiquement proches (Vosges, Doubs, Territoire de Belfort, Moselle et Bas-Rhin). Ce surcroît de mortalité finit par toucher le reste de la région ainsi qu’une partie de la Bourgogne-Franche-Comté. Deuxième territoire le plus touché, l’Île-de-France et le sud des Hauts-de-France connaissent, au cours de la semaine du 16 mars, une augmentation marquée de la mortalité dans l’Oise, à Paris et en Seine-Saint-Denis. L’excédent de mortalité s’étend ensuite à tous les départements d’Île-de-France ainsi qu’à l’Aisne, la Somme et l’Eure. 

L’INSEE constate par ailleurs un lien entre excédent de mortalité et densité de population. Les communes les plus denses concentrent la plus forte augmentation des décès (+49% contre +26% en moyenne sur la France entière). Des disparités apparaissent toutefois entre les communes de 100 000 habitants et plus. Des communes telles que Caen, Brest ou Clermont-Ferrand n’ont pas connu d’excédent de mortalité. En revanche, d’autres communes ont connu une forte hausse des décès : Saint-Denis (+172%), Mulhouse (+165%), Strasbourg (+111%), Argenteuil (+109%) et Paris (+98%).

Les personnes âgées davantage touchées

Cette surmortalité touche très majoritairement les personnes de 65 ans ou plus (21 900 décès en plus en 2020). L’excédent des décès pour les hommes est particulièrement marqué au-delà de 75 ans. Cette situation s’expliquerait, selon l’INSEE, par leur état de santé général et des facteurs de risque plus importants (surpoids par exemple). Pour les femmes, la surmortalité est plus importante sur la tranche d’âge 65-74 ans que sur la tranche d’âge 75-84 ans.