Agriculture biologique : l'objectif de 15% des surfaces jugé inatteignable d'ici 2022

Avec 7,5% des terres agricoles consacrées au bio fin 2018 et un marché du bio de 10 milliards d'euros, l'agriculture biologique représente un enjeu économique majeur. Mais ce modèle est à la fois complexe et fragile.

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Financement public de l'agriculture bio. Culture de pieds de tomates dans un soleil rasant.
De multiples effets pervers apparaissent, notamment l'usage de certains herbicides alternatifs naturels controversés (comme le cuivre) ainsi qu'un sur-prix du bio peu soutenables. © Artem Biliaikin - pexels.com

Le 5 février 2020, les sénateurs Alain Houpert et Yannick Botrel ont présenté un rapport critique sur les financements publics consacrés à l'agriculture biologique.

L'objectif de 15% de surfaces agricoles cultivées en bio en 2022

Lancé le 25 juin 2018, le programme "Ambition Bio 2022" prévoit de convertir 15% de la surface agricole utile à l'agriculture biologique et d'assurer la fourniture de 20% de produits bio dans les repas servis dans la restauration collective hors domicile.

Or, le rapport relève que le ministère de l'agriculture est devenu un financeur "très second" de l'ambition bio avec la cessation des aides de l'État au maintien de l'agriculture bio. Ces aides sont remplacées par l'aide du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) gérées par les régions.

60% des surfaces en bio sont en fait recouvertes de surfaces fourragères et de prairies permanentes, d'où des effets d'aubaine avec l'extension des surfaces bio afin de bénéficier d'aides à la transition, sans que cela ait d'impact sur la production agricole. 

Les sénateurs soulignent par ailleurs de multiples effets pervers, dont les plus notables sont :

  • un marché du bio en forte demande qui conduit la France à importer 30% de sa consommation en bio ; 
  • l'usage de certains herbicides alternatifs naturels controversés (comme le cuivre) ;
  • des sur-prix du bio peu soutenables (de 35% pour les salades à 226% pour les choux-fleurs et les carottes jusqu'à 273% pour les oignons).

Les pistes d'amélioration de la filière bio

Parmi les recommandations, le rapport propose notamment :