La Turquie au Moyen-Orient : du “néo-ottomanisme” à l’aventure syrienne

Lors des printemps arabes, la Turquie avait acquis le statut de puissance régionale au Moyen-Orient. Le régime Erdoğan était même érigé en modèle. Désormais, sa diplomatie est critiquée dans toute la région et son engagement est mis à l’épreuve par la crise syrienne.

Par  Jana Jabbour

17 minutes

Il y a quelques années la Turquie apparaissait comme l’étoile montante du Moyen-Orient. Elle semble désormais s’embourber dans le gouffre moyen-oriental. Pourtant, les difficultés et les obstacles qu’y connaît actuellement la diplomatie turque ne doivent pas effacer les succès d’Ankara dans la région pendant la décennie 2000.

Le retour de la Turquie en Orient

Au cours de la décennie 2000, la Turquie a réussi, grâce à son dynamisme économique et son activisme diplomatique, à s’affirmer comme un acteur incontournable du système international. Cette montée en puissance s’est accompagnée de l’affirmation du pays dans son environnement moyen-oriental. La Turquie s’est activement engagée, sur les plans à la fois économique, politique et socioculturel, s’érigeant en pôle d’attraction de la région.

Cette évolution contraste avec le divorce historique qui a longtemps caractérisé les rapports entre la Turquie et le monde arabe. En effet, pendant la majeure partie du XXe siècle, tout opposait Ankara et les pays arabes. D’un côté, souhaitant construire un État moderne calqué sur le modèle occidental, le fondateur de la république, Mustafa Kemal Atatürk, avait choisi de tourner le dos au monde arabe et de débarrasser la Turquie des influences orientales. De l’autre, de par son alignement sur le camp occidental pendant la guerre froide et son intégration à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), la Turquie apparut aux yeux des États arabes comme l’auxiliaire des États-Unis et le cheval de Troie de l’Occident dans la région.

L’engagement de la Turquie au Moyen-Orient dans les années 2000 représente donc une rupture avec les pratiques passées. Cet engagement s’est manifesté sur le plan politique et diplomatique par la pacification des relations bilatérales avec les États arabes et, sur le plan économique, à travers l’application de nouvelles mesures favorisant une intégration des économies et une interdépendance turco-arabe. Sur le plan socioculturel, les échanges entre Arabes et Turcs se sont multipliés, comme en témoignent l’essor du tourisme ou aussi la popularité des feuilletons turcs au Moyen-Orient. D’anciens ennemis la Turquie et les pays arabes sont devenus des partenaires.

Ce retour de la Turquie en Orient a été expliqué par les analystes soit par l’identité “islamiste” du parti au pouvoir, l’AKP (Adalet ve Kalkınma Partisi, Parti de la justice et du développement), soit par le “néo-ottomanisme”. Ce concept correspond à la résurrection d’un réflexe impérial en Turquie qui la pousserait à reconstruire une sphère d’influence au Moyen-Orient, dans les territoires ayant jadis fait partie de l’Empire ottoman.

Ces explications ne sont pas dénuées de sens. Elles offrent néanmoins une analyse réductrice des motivations d’Ankara dans la région. En réalité, l’engagement de la Turquie au Moyen-Orient est lié à l’affirmation de celle-ci comme puissance émergente et à la redéfinition de son rôle géostratégique dans un monde post-bipolaire.

Une Turquie en quête de statut et de puissance

La conception d’un rôle nouveau pour la Turquie sur la scène internationale repose sur la pensée d’un universitaire devenu ministre des affaires étrangères (2009-2014) puis Premier ministre (2014-2016), Ahmet Davutoğlu. Celui-ci a proposé une refonte de la diplomatie turque de façon à permettre à son pays de gagner une place plus avantageuse dans le système international et d’acquérir un statut digne de sa grandeur passée. Pour Ahmet Davutoğlu, la Turquie possède en effet, du fait de son héritage impérial et de sa position géographique unique au carrefour de plusieurs continents, une “profondeur stratégique”. Celle-ci lui permet de déployer une politique d’influence dans son voisinage et de s’imposer comme un acteur géopolitique incontournable.

Dans tous les espaces avoisinant la Turquie, le Moyen-Orient occupe néanmoins une place de choix. Ahmet Davutoğlu le considère comme une “région clé” pour les équilibres géostratégiques à l’échelle mondiale. Il estime que le Moyen-Orient doit constituer “la colonne vertébrale” de la politique de puissance de la Turquie. Pour l’intellectuel-stratège, la Turquie devrait construire une sphère d’influence au Moyen-Orient et utiliser cet espace comme tremplin, afin de s’affirmer progressivement comme puissance à l’échelle mondiale.

Les relations avec les États arabes ne sont donc pas conçues comme substitut à l’axe occidental de la Turquie, et le Moyen-Orient n’est pas perçu comme un champ de compensation face au rejet de la Turquie par l’Union européenne. Cette région est plutôt pensée de façon instrumentale comme une zone d’influence et un “hinterland” (arrière-cour) nécessaires pour l’affirmation de la Turquie sur la scène internationale.

Selon Ahmet Davutoğlu, pour que la Turquie puisse s’affirmer comme puissance, elle doit en outre se réconcilier avec son identité musulmane et son héritage impérial. C’est en invoquant sa grandeur passée que la Turquie peut revendiquer une place plus avantageuse sur la scène internationale et régionale. En ce sens, la réhabilitation de l’Empire ottoman dans le discours officiel turc, loin d’être le reflet d’une politique panislamiste ou “néo-ottomane”, est une ressource politique et une arme diplomatique au service des ambitions de la Turquie émergente.

Pendant plus d’une décennie, Ahmet Davutoğlu a été l’architecte et le maçon de la politique étrangère d’Ankara. Sa pensée a servi de base à la réflexion stratégique turque. Avec Recep Tayyip Erdoğan, Ahmet Davutoğlu forme alors le duo de l’intellectuel visionnaire et du leader charismatique, insufflant à la politique étrangère turque un nouveau dynamisme.

Les vecteurs de l’affirmation turque au Moyen-Orient

L’engagement d’Ankara dans la région a aussi été rendu possible par une série d’évolutions intérieures qui ont contribué à ouvrir le pays à son environnement arabe. Sur le plan politique, les années 2000 voient l’arrivée et le maintien au pouvoir du parti AKP. Celui-ci, de par son identité musulmane-conservatrice, est un parti “arabo-compatible”. Il a donc naturellement opté pour une politique de rapprochement avec les pays arabo-musulmans.

Sur le plan économique, l’engagement d’Ankara au Moyen-Orient a été motivé par la recherche de nouveaux marchés pour une économie turque en pleine croissance. Dans les années 2000, la Turquie est un “État commerçant” (trading state) tourné vers les exportations. Les marchés du Moyen-Orient lui offrent alors de grandes opportunités encore inexploitées, surtout dans un contexte de saturation des marchés européens.

En parallèle, la décennie 2000 est marquée par l’ascension d’une nouvelle élite économique. Elle est composée d’hommes d’affaires issus de la région anatolienne, qui sont conservateurs sur le plan social et libéraux sur le plan économique. Cette nouvelle bourgeoisie islamique, connue sous le nom de “tigres anatoliens” (par analogie aux “tigres asiatiques”), fait pression sur le gouvernement turc pour favoriser les échanges commerciaux avec le Moyen-Orient. Cette région, avec laquelle les tigres anatoliens partagent des affinités culturelles, répond à leurs intérêts économiques en termes d’accès à des marchés faiblement exploités.

Enfin, l’affaiblissement progressif de la tutelle de l’armée sur la vie politique a éliminé un obstacle institutionnel de taille au rapprochement turco-arabe. Gardienne de la République et garante de l’héritage kémaliste, l’armée a toujours veillé à maintenir une distance avec le monde arabe. Or, le rééquilibrage des rapports civilo-militaires au profit du pouvoir civil a permis d’émanciper la politique étrangère turque et de la “déverrouiller”. Le Moyen-Orient n’est plus conçu comme une zone de dangers et de menaces. Il est désormais perçu comme une zone de projection de la puissance turque, un champ de manœuvre indispensable pour l’affirmation de la Turquie à l’échelle mondiale.

La Turquie à la conquête du Moyen-Orient

S’appuyant sur ces évolutions intérieures qui ont rendu possible une ouverture sur le Moyen-Orient, la Turquie s’est progressivement affirmée comme pôle d’attraction régionale. Pour ce faire, elle a employé des stratégies et des instruments novateurs.

D’abord, le gouvernement AKP a développé un discours néo-tiers-mondiste censé attirer les populations arabo-musulmanes. En affichant sa solidarité avec la “cause” palestinienne et en se posant en défenseur des “opprimés”, R. T. Erdoğan a voulu gagner le cœur et les esprits des peuples arabes. Ce faisant, il a accru la popularité de son pays dans la rue arabe. Toutefois, ce discours n’est qu’accessoire. Alors que R. T. Erdoğan multipliait les attaques contre Israël (Israel bashing), Ankara agissait avec pragmatisme en maintenant sa relation privilégiée avec Tel-Aviv.

Ensuite, la Turquie s’est engagée sur la voie de la médiation des conflits intrarégionaux (Israël/Syrie, Iran/communauté internationale, Hamas/Fatah, factions irakiennes, communautés libanaises). Cette “diplomatie de la paix” lui a permis de se présenter comme une puissance “bienveillante” qui propose des solutions aux crises et réconcilie les parties opposées.

La Turquie s’est de surcroît distinguée par sa diplomatie du grand écart, c’est-à-dire par l’entretien de relations décomplexées avec des acteurs antagonistes du système international (Iran, Israël, Russie, Hamas, Fatah, Union européenne, OTAN, États-Unis). Sa capacité inédite à jongler diplomatiquement entre l’Orient et l’Occident et à s’insérer dans un système d’alliances occidentales (OTAN, Union européenne), tout en étant un pays musulman en développement, a suscité admiration et respect dans la région. Enfin, au niveau socioculturel, l’exportation massive de feuilletons, la création de centres culturels et l’offre de bourses d’études aux étudiants arabes ont contribué au “pouvoir de séduction” et au soft power turc au Moyen-Orient.

Si la Turquie a amélioré ses relations avec tous les États arabes, la Syrie et l’Irak offrent alors l’exemple le plus frappant de la réussite de sa diplomatie de bon voisinage. Vu leur rôle central dans le système régional arabe, ces deux pays ont été considérés comme la porte d’entrée de la Turquie au Moyen-Orient. Ils ont occupé une place de choix dans la politique de “zéro problème avec les voisins”. Ainsi, alors que les relations avec Damas et Bagdad étaient tendues dans les années 1990, la décennie 2000 témoigne d’une lune de miel turco-syrienne et turco-irakienne : établissement d’un conseil de coopération stratégique avec chacun des deux pays, essor du commerce bilatéral, levée des visas, ouverture d’un consulat turc à Erbil (Kurdistan irakien), doublage des feuilletons turcs en Syrie.

En l’espace d’une décennie, la Turquie a donc réussi à s’imposer comme un partenaire politique, stratégique et économique de poids auprès des États arabes. Elle est même venue à incarner un “modèle” dont ils pouvaient s’inspirer pour réussir leur propre transition vers la modernité.

Ankara et le défi des révolutions arabes

Le déclenchement des révolutions arabes en 2011 a pris Ankara au dépourvu. Face à la nouvelle donne, la Turquie s’est d’abord montrée prudente, avant d’emboîter le pas au changement. Lors des premières révolutions (Tunisie, Égypte, Libye), la réponse d’Ankara a consisté à attendre que les régimes soient renversés pour ensuite se présenter comme le parrain des révolutionnaires. Elle leur a proposé un savoir-faire en matière de transition vers la démocratie à travers la mise en œuvre du côté opérationnel du “modèle” turc.

Surtout, au lendemain des révolutions, Ankara a fait le pari d’une victoire des groupes islamistes arabes aux urnes, ces groupes étant les mieux organisés et les plus présents sur le terrain. La Turquie s’est donc employée à se rapprocher des Frères musulmans en Égypte, d’Al Nahda en Tunisie et du Parti de la justice et du développement au Maroc. Elle leur a offert un soutien logistique et financier, de façon à les “clientéliser”. À travers la cooptation de ces islamistes, la Turquie voulait garantir que l’ordre régional post-printemps arabes gravite autour d’elle. Elle voulait que les islamistes la considèrent comme leur source d’inspiration et leur “sponsor”.

La Syrie : le test de la puissance

Le déclenchement de la crise syrienne au printemps 2011 a posé un tout autre défi au gouvernement turc. Les excellentes relations nouées avec Bachar al-Assad étaient une condition nécessaire pour l’“entrée” de la Turquie au Moyen-Orient. Il fallait donc les préserver pour garantir la place d’Ankara dans la région. Au début de la crise syrienne, agissant avec pragmatisme, la Turquie a tourné le dos aux révolutionnaires syriens. De mars à septembre 2011, dans une tentative de sauver le régime syrien et préserver ainsi les acquis d’Ankara, Ahmet Davutoğlu et Recep Tayyip Erdoğan ont essayé de convaincre Bachar al-Assad d’offrir des concessions aux révolutionnaires afin d’assurer son maintien au pouvoir.

Toutefois, à partir d’août 2011, l’intensification de la répression contre les révolutionnaires et l’activisme accru du PYD (Partiya Yekîtiya Demokrat, Parti de l’union démocratique), la branche syrienne du PKK (Partiya Karkêren Kurdistan, Parti des travailleurs du Kurdistan), ont mis fin à la politique de réalisme et de neutralité turque. Une inflexion majeure s’est alors produite. Ankara est passé d’une politique de réaction au changement en Syrie à une politique d’impulsion du changement, faisant du renversement d’Assad une priorité.

Ce fut là le début de la descente aux enfers. Pour hâter la chute du régime baathiste, Ankara a alors apporté un soutien logistique et matériel à l’opposition syrienne, sans se préoccuper de l’identité et de la nature des mouvements qui recevaient ce soutien. C’est ainsi que progressivement, et dans un contexte de prolongation de la crise syrienne et de radicalisation de l’opposition, la Turquie s’est retrouvée le “sponsor” de l’organisation État islamique (Daech) : les combattants blessés de Daech se faisaient soigner dans un hôpital public à Şanliurfa et, étant donné les difficultés pour les forces de sécurité turques de rendre totalement hermétique la frontière de 911 km, les jihadistes jouissaient d’une certaine liberté de circulation entre la Turquie et la Syrie. Or, le monstre Daech, ayant son propre agenda, s’est progressivement retourné contre la Turquie. Il a commencé à menacer sa sécurité nationale à travers des attentats terroristes qui ont ciblé Istanbul, Ankara, Suruc et Diyarbakir.

L’enlisement de la Turquie dans l’engrenage syrien a eu des effets dévastateurs pour le pays. Sur le plan régional, le recours d’Ankara à l’engagement militaire et son alignement sur un “camp” contre un autre ont nui à ses relations de bon voisinage et à son capital de sympathie dans la région. Les opérations de l’armée turque en Syrie ont ravivé la mémoire de l’oppression ottomane et décrédibilisé le discours turc qui vantait la fraternité turco-arabe.

Sur le plan intérieur, la crise syrienne a également eu un impact désastreux. D’une part, l’afflux massif de réfugiés syriens a pesé lourd sur l’économie du pays. D’autre part, les velléités des Kurdes syriens ont encouragé le PKK à la reprise de la lutte armée contre l’État turc.

Surtout, la crise syrienne a conduit à une crispation autoritaire du pouvoir en Turquie. Se sentant encerclé dans la région et piégé par ses voisins, le gouvernement turc a dérivé vers l’autoritarisme et la concentration des pouvoirs. La crise syrienne a en ce sens révélé les “vases communicants” qui existent entre politique étrangère et politique intérieure. Selon un phénomène habituel en pareil cas, le sentiment d’insécurité à ses frontières a suscité une rigidification autoritaire à l’intérieur.

Réalisant les coûts de sa politique syrienne, le gouvernement turc a depuis 2015 procédé à une réévaluation de ses priorités. Désormais, pour l’AKP, la désintégration territoriale de la Syrie et l’éventuelle autonomisation des Kurdes syriens représentent une menace plus importante pour Ankara que le maintien au pouvoir de Bachar al-Assad, car elles risquent d’avoir un effet domino à l’intérieur de la Turquie.

C’est la raison pour laquelle Ankara a entamé un revirement de sa politique syrienne. À travers une médiation russo-iranienne, la Turquie s’est rapprochée en coulisse du régime de Bachar al-Assad. Elle a coordonné avec lui les opérations militaires au nord de la Syrie, faisant de la lutte contre l’expansionnisme kurde sa priorité.

L’éviction d’Ahmet Davutoğlu en mai 2016 est le symptôme de cette volte-face. D’abord en tant que ministre des affaires étrangères puis en tant que Premier ministre, Ahmet Davutoğlu était intimement associé à la politique de renversement de Bachar al-Assad menée par l’AKP. Afin de préparer l’opinion publique turque à un virage à l’égard de la Syrie, il fallait donc se débarrasser d’Ahmet Davutoğlu pour tourner la page du passé et inaugurer une nouvelle ère dans les rapports turco-syriens.

À la recherche d'une nouvelle “profondeur stratégique” ?

Dans les années 2000, le Moyen-Orient a donc servi de champ d’expérimentation et de laboratoire politique pour tester la nouvelle diplomatie turque et le nouveau rapport d’Ankara au monde. Or, si au début de la décennie Ankara a brillé au Moyen-Orient, la révolution en Syrie a porté un coup d’arrêt à son ascension régionale. La crise syrienne a en effet révélé l’impuissance de la puissance turque au Moyen-Orient. Elle a montré le décalage entre les ambitions et les capacités réelles de la Turquie. Non seulement celle-ci a été incapable de renverser Bachar al-Assad, mais elle a fait appel aux puissances occidentales (OTAN, États-Unis, Union européenne) pour la secourir.

“Désormais, la marche turque vers la puissance semble plus que jamais compromise.”

Désormais, la marche turque vers la puissance semble plus que jamais compromise. Les coûts de l’enlisement de la Turquie dans la crise syrienne ont révélé que le Moyen-Orient, au lieu d’être un tremplin pour Ankara, représente un frein, un handicap et une épine dans le pied. Surtout, avec la démission d’Ahmet Davutoğlu, qui a été l’architecte de la diplomatie turque, la politique étrangère turque est devenue un bateau ivre, sans repères.

Après l’aventure moyen-orientale de la Turquie qui aura duré plus d’une décennie (2002-2018), un désir de désengagement de cette région est dorénavant perceptible dans les cercles diplomatiques turcs. Ankara est désormais à la recherche d’une nouvelle sphère d’influence plus facile à contrôler que la région complexe et conflictuelle du Moyen-Orient. D’où le pivot vers l’Asie orientale et l’Afrique, où Ankara déploie actuellement une politique économique et socioculturelle active.

Cette quête continue d’une “profondeur stratégique” et ce jonglage diplomatique permanent apparaissent en fait révélateurs d’un problème essentiel : la Turquie n’a toujours pas tranché la question de son identité… Est-elle européenne, orientale, occidentale, asiatique ? Cette volatilité identitaire constitue à la fois sa force et sa faiblesse…

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