Paix et sécurité humaine : les défis à venir

La paix dépend-t-elle de l’entente entre les États et de la gouvernance globale ou est-elle désormais liée au respect des populations ? Les frontières ou les armées nationales sont-elles plus importantes que la régulation des migrations, la gestion des droits de l’homme, la réduction des inégalités, voire la défense de la liberté d’informer ?

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On connaît les trois piliers du credo libéral pour garantir ou au moins pour encourager la paix :

  • la diffusion de la démocratie (selon la théorie dite de la paix démocratique qui postule qu’il n’y a aucun exemple de guerre entre deux démocraties) ;
  • l’échange commercial (qui rend la guerre contreproductive lorsque chacun est le client et le fournisseur de l’autre) ;
  • la promotion d’institutions internationales capables de fournir des cadres à un dialogue permanent, permettant de prévenir les graves malentendus.

Depuis la fin de la guerre froide, une approche supplémentaire s’est progressivement imposée : le principal facteur de conflit résiderait moins désormais dans la rivalité entre des États forts et puissamment armés que dans des États faibles incapables de garantir la sécurité de leur population.

L’indice de développement humain importerait davantage que la fortification de la frontière.

La focale, en quelque sorte, s’est déplacée de la sécurité nationale vers la sécurité humaine. L’indice de développement humain (IDH) importerait davantage que la fortification de la frontière. Précarité économique et détresse de la pauvreté, violence privée, conditions climatiques hostiles, font partie des paramètres à surveiller pour évaluer les risques de conflit dans une région donnée. La carte des fragilités humaines, bien souvent, coïncide avec celle des guerres ou des instabilités politiques.

Cette approche a eu son heure de gloire dans les années 1990 et 2000. Elle est désormais contestée. Les ingrédients précis de ce qui pourrait, dans une définition opérationnelle, constituer la sécurité humaine ne font pas ou plus l’unanimité. Pourtant, non seulement la sécurité humaine demeure une clé de la préservation de la paix, mais ses paramètres évoluent sans cesse, pour aborder de nouveaux rivages que la gouvernance internationale devrait urgemment prendre en considération.

Émergence puis recul de la sécurité humaine

Les grandes heures de la sécurité humaine

Les grandes heures de la sécurité humaine, au sortir de la bipolarité c'est-à-dire au début des années 1990, ont pour jalons plusieurs épisodes cruciaux.

Le devoir d’ingérence, défendu dès les années 1960 (notamment dans la guerre du Biafra entre 1967 et 1970) par des associations comme Médecins sans frontières et théorisé plus tard par des personnalités comme Bernard Kouchner ou Mario Bettati, a mis en avant l’impératif de ne pas respecter la souveraineté des États si certaines situations exceptionnelles mettaient des populations en danger.

La responsabilité de protéger (dite « R2P ») poursuivit sur cette lancée dans les années 2000, au Sommet du millénaire (2000) et surtout au Sommet mondial (2005) des Nations Unies. En considérant les génocides, crimes de guerre, purification ethnique et autres crimes contre l’humanité comme autant de menaces explicites à la paix mondiale, l’ONU a clairement fait de la protection des populations un enjeu majeur de la paix au même titre que le respect du droit international.

Plus encore, le droit naturel pouvait primer sur le droit positif, puisqu’il était même préconisé, en cas d’urgence humanitaire, de ne plus respecter les souverainetés nationales afin de pouvoir secourir des populations, y compris – voire surtout – contre leur propre État. La considération humaniste l’emportait sur la realpolitik après plusieurs décennies de combats entre superpuissances, la sécurité des sociétés et des gens l’emportait sur la compétition géopolitique interétatique.

La résolution 688 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 5 avril 1991, qui exigeait « que l’Irak permette un accès immédiat des organisations humanitaires internationales à tous ceux qui ont besoin d’assistance dans toutes les parties de l’Irak et qu’il mette à leur disposition tous les moyens nécessaires à leur action », et mette fin à sa répression des populations kurdes – et en réalité également chiites, au sud du pays –, fut un moment fondateur.

Pour la première fois, des États exigeaient d’un autre État qu’il renonçât à sa propre souveraineté pour laisser entrer sur son territoire des acteurs non gouvernementaux, à cette fin de protéger des populations civiles pourtant placées sous la responsabilité de cet État.

Au fil des années qui suivirent, les acteurs privés se portant garants de la surveillance et de la protection de la sécurité humaine se multiplièrent. ONG, think tanks, réseaux militants, experts, tirèrent parti à la fois des nouvelles technologies d’information et d’expression, et de la globalisation de cette information en temps réel, apte à mobiliser des opinions publiques à travers le monde en faveur d’une cause, en réaction à une situation de détresse, en solidarité avec des coreligionnaires, des concitoyens, ou tout simplement d’autres êtres humains.

En phase avec cette sensibilité nouvelle, plusieurs interventions militaires étatiques furent conduites au nom de la protection des populations.

L’intervention otanienne contre la Serbie après ses exactions au Kosovo (1999), puis l’intervention contre la Libye après les menaces proférées par le colonel Kadhafi contre les habitants de Benghazi (2011), en furent deux exemples largement commentés. Protéger les populations pour protéger la paix, tel était le nouveau mot d’ordre.

Le cas libyen, pourtant, sonna le début d’un renversement de tendance. Comme une goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase, il confirma les suspicions, les rancœurs qui s’étaient accumulées au fil des années précédentes. Les interventions militaires au nom de la sécurité humaine, pointait-on au Sud, en Chine ou en Russie, ne visaient jamais que des ennemis ou opposants au monde occidental : Irak, Serbie, Libye…

Le retour à la sécurité nationale

Plutôt que d’être considérée comme un progrès dans l’histoire des relations internationales, la référence à la sécurité humaine fut bientôt vue comme une rhétorique, une méthode occidentale bien rôdée pour justifier un interventionnisme et manipuler derrière lui l’émotion des opinions mondiales.

On se jura, à Moscou, Pékin ou ailleurs, de donner un coup d’arrêt à cette tendance, et de rejeter avec elle les thématiques qui lui servaient, pensait-on, d’alibis. En lieu et place de l’universalisme proclamé, et teinté d’interventionnisme, on souhaita rétablir le souverainisme.

En intervenant en Syrie à partir de 2015 pour soutenir le régime de Bachar al-Assad, Vladimir Poutine considérait que les crimes commis par Damas dans la guerre civile syrienne étaient moins graves que la déstabilisation possible du Proche-Orient en cas de victoire de groupes radicaux. Il fallait donc redonner les clés des relations internationales aux États et à leur logique de monstres froids, et non les laisser aux ONG occidentales.

Cette logique était par ailleurs soutenue par une perception forte selon laquelle l’interventionnisme récent (Afghanistan, Irak, Libye…) s’était soldé par des désastres, transformant des « rogue states » (Etats voyous) en « collapsed states » (Etats faillis) selon la terminologie anglo-saxonne.

La priorité donnée à la sécurité humaine, aux yeux de Moscou, de Pékin et de quelques autres, avait déstabilisé le monde. Il fallait donc retrouver la voie de la sécurité nationale. L’utopie aimable d’un monde plus démocratique n’était pour ces capitales autoritaires ni souhaitable, si possible.

À commencer d’ailleurs par les printemps arabes de 2011, que l'Europe et l’Amérique du nord célébrèrent un temps comme autant de « grands soirs » démocratiques, mais qui se finirent mal. On semblait donc tourner la page de la sécurité humaine à l’heure, où, pourtant, celle-ci semblait des plus indispensables, pour peu qu’on en modernise la définition.

 

Les nouveaux champs de la sécurité humaine

L’affinement du contenu de la sécurité humaine

La sécurité humaine a suivi en effet de nouvelles déclinaisons, plus fines. En plus d’un souci maintenu de sécuritisation de la population en général, il fallait préciser l’offre de réassurance en fonction des risques encourus pour plusieurs catégories distinctes d’individus.

La sécurité des femmes, des enfants, de différents types de réfugiés, de migrants, et d’autres encore, devaient faire l’objet d’un savoir-faire précis, développé régulièrement par des acteurs publics comme privés, et une littérature abondante.

Car chacun de ces groupes constitue, par sa vulnérabilité et son insécurité même, une menace à la sécurité régionale et globale. Les viols de guerre (500 000 dans le génocide rwandais en 1994), la vulnérabilité spécifique des femmes dans les situations de violence (y compris sans guerre, comme en Asie du Sud avec les phénomènes d’infanticides féminins, des suicides, ou des enjeux liés à la dote) déséquilibrent des sociétés, suscitent des traumatismes aux répercussions psychologiques, sociétales et politiques à long terme.

Le phénomène des enfants soldats (250 000 dans le monde en 2018 selon l’UNICEF) enrôlés de force et sujets à des maltraitances représente un autre facteur de déstabilisation, avec des incapacités durables qui empêchent une réinsertion et donc une reconstruction post-conflit, ou qui nourrissent des cycles ultérieurs de vengeance. On voit comment la question du retour ou du traitement des mineurs, combattants ou enfants de combattants enrôlés dans la guerre civile syrienne, pose problème à la région et aux pays dont ils sont ressortissants, depuis 2018.

Dans le monde, un migrant sur cinq se trouve aux États-Unis tandis que l’Inde, le Mexique et la Russie sont les principaux pays de départ.

Les migrations non choisies, pour des raisons économiques, politiques, environnementales ou autres, constituent un autre phénomène majeur des relations internationales de ce début de XXIe siècle. Les Nations Unies recensent 258 millions de migrants en 2017, soit des personnes vivant dans des pays où ils ne sont pas nés. Dynamique parfois positive dans la mesure où elle marque la mobilité des êtres humains ou l’ajustement aux évolutions économiques, la migration reste le plus souvent liée à des ressorts qui impliquent une insécurité.

D’abord, du fait des conséquences économiques et sociales qui affectent les pays de départ et les pays d’arrivée, générant des déséquilibres – un migrant sur cinq se trouve aux États-Unis tandis que l’Inde, le Mexique et la Russie sont les principaux pays de départ. Ensuite, parce que le transport de migrants se solde par des drames humains, comme depuis plusieurs années en Méditerranée, principale route migratoire vers l'Europe. Enfin, parce que l’arrivée à destination de ces migrants déclenche des controverses politiques, des divisions entre États partenaires.

L’arrivée de réfugiés syriens en Europe et ses conséquences pour Angela Merkel en 2017, la montée des populismes, la division qui s’empare de la société américaine sur fond de déclarations brutales du président Trump, ne sont que les manifestations les moins violentes du phénomène.

Les nouvelles insécurités humaines rendent difficiles les sorties de conflit et la « paix positive », c’est-à-dire la reconstruction à long terme d’une société, de manière à l’empêcher de retomber dans le conflit.

Le cas des demandeurs d’asile témoigne en soi d’une insécurité politique violente avérée, aux conséquences psychologiques longues. Le cas des migrants environnementaux ou réfugiés climatiques atteste d’une impossibilité de vivre en certains lieux, annonçant des tensions politiques nouvelles.

Les nouvelles insécurités humaines ne sont pas, en soi, des insécurités nationales au même titre que la guerre. Elles sont toutefois des facteurs de déstabilisation pouvant déboucher sur des conflits. Elles rendent en effet difficiles les sorties de conflit et le phénomène qualifié de « paix positive », c’est-à-dire la reconstruction à long terme d’une société, de manière à l’empêcher de retomber dans le conflit.

À la recherche de la « paix positive »

La paix positive, en tant que réconciliation et pacification durable, se distingue du cessez-le-feu provisoire, ou d’une paix maintenue par une interposition extérieure. Sa consolidation repose sur la reconstruction d’un lien de confiance, qui suppose le désarmement des groupes armés, et une formation des forces officielles de coercition à un maintien de l’ordre ordonné, sans abus, si possible sous contrôle démocratique. Ces impératifs ont des noms, des sigles, qui font l’objet d’un vaste marché de l’expertise.

La réforme du secteur de la sécurité (RSS) consiste à (re)construire un appareil sécuritaire dans un cadre éthique et déontologique vertueux, marqué par une bonne gouvernance démocratique. Elle fut développée dans les années 1990, lorsqu’il s’agissait de réformer des polices, des armées ou des services de renseignement des anciens pays du pacte de Varsovie appelés à rejoindre l'Union européenne.

La RSS est souvent opérée par des ONG ou des think tanks spécialisés, comme le Democratic Control of Armed Forces (DCAF) de Genève. Elle participe d’une logique libérale qui, au début des années 1990, rêvait d’un « brave nouveau monde », de paix assurée par ces techniques de construction de la sécurité humaine.

Il en va de même pour le « DDR », ou « désarmement, démobilisation, réintégration », visant à convertir à la paix les ex-combattants d’un pays en guerre, pour les transformer en participants actifs d’un processus de paix. En République centrafricaine (MINUSCA), au Darfour (MINUAD), en République démocratique du Congo (MONUSCO), en Haïti (MINUSTAH), au Mali (MINUSMA), au Soudan du Sud (MINUSS) et ailleurs, les Nations Unies développent ce concept.

La victoire à la Pyrrhus du régime syrien, l’échec de processus de paix en Palestine ou en Libye, les succès des talibans en Afghanistan, la déstabilisation de l’Ukraine, la reprise en main autoritaire de l’Égypte suscitent une crise du modèle de la sécurité humaine.

Plutôt que par des conférences ou traités interétatiques – ou en plus de ces outils –, on mise donc sur des programmes d’action par le bas, visant à améliorer directement le développement, le sort des populations au sein des sociétés civiles, pour garantir la paix.

Largement dominante jusqu’au début des années 2010, cette conception est en retrait aujourd’hui. Un camp occidental, amenuisé depuis l’élection de Donald Trump aux États-Unis, continue d’estimer que le nouveau réalisme consiste à combattre ces insécurités humaines, autrefois jugées secondaires. La paix procède de techniques, estime-t-on, visant à protéger une sécurité humaine garante à long terme de l’évitement des conflits.

Dans des régimes plus autoritaires, on continue de voir les relations internationales comme un rapport de force où seuls comptent le fait accompli et la victoire militaire à tout prix. Les dernières années ont donné des arguments à ces derniers. La victoire à la Pyrrhus du régime syrien soutenu par l’Iran et la Russie dans des combats générant des pertes civiles massives, l’échec de processus de paix – en Palestine, mais aussi plus récemment en Libye –, les succès des talibans en Afghanistan, la déstabilisation de l’Ukraine, la reprise en main autoritaire de l’Égypte, et bien d’autres exemples suscitent une crise du modèle de la sécurité humaine.

 

Paix, sécurité et information

Outre la sécurité physique et matérielle des populations, qui demeure une condition essentielle de la stabilité et de la paix, les développements technologiques récents ont donné lieu à de nouveaux types de menaces, d’apparence immatérielle et symbolique, mais devenus tout aussi prioritaires.

Les polémiques sur les infox (fake news), ou la circulation rapide de fausses nouvelles, souvent de nature à inciter à la haine, à semer la discorde ou le trouble, l’information globale, les nouveaux vecteurs d’expression individuels en ligne, rebattent les cartes des enjeux de sécurité.

La liberté d’informer, et le droit d’accès à une information ouverte, non manipulée et « sans considération de frontières » (déclaration universelle des droits de l’homme, article 19), doivent désormais être intégrés dans les réflexions sur la sécurité humaine, et donc sur la préservation de la paix.

Ils le sont déjà en grande partie dans le Pacte international des droits civils et politiques des Nations Unies (1966). Ils le sont également par le Conseil de l’Europe (article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme) ou par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (article 11, avec une rédaction voisine).

Or ces principes sont bafoués. Comme le rapportent régulièrement des acteurs comme Eutelsat – opérateur de satellites créé en 1977 comme organisation intergouvernementale, aujourd’hui société de droit français et opérant la diffusion de 7 000 chaînes de télévision –, les brèches politiques à l’accès à une libre information sont devenues un fléau moderne.

L’obligation faite aux opérateurs de satellites de télévision (45 000 chaînes transportées dans le monde) d’obtenir des autorités nationales (gouvernementales ou de régulation) des droits de diffusion – hormis dans l’Union européenne du fait de la directive Services de médias audiovisuels –, politise la question des communications et de l’information.

Le satellite, initialement instrument de liberté d’informer, est soumis à des entraves croissantes : législations nationales conditionnant la fourniture de services Internet par satellites, règles permettant aux gouvernements de contrôler les flux, d’identifier les émetteurs et récepteurs, d’obtenir l’interruption du service….

Les organismes chargés de la défense de la liberté de la presse, comme Freedom House, confirment cette tendance au recul de la liberté de l’information, allant jusqu’à l’emprisonnement ou au meurtre de journalistes. Depuis les pressions des talibans sur l’information en Afghanistan jusqu’aux menées des autorités russes pour empêcher le déploiement de microsatellites permettant une couverture du territoire, en passant par la multiplication des coupures d’Internet d’origine gouvernementale, ou les éditeurs chinois enlevés à Hong Kong, une régression est en cours.

Établir un lien aussi direct entre paix, sécurité et information-communication peut paraître exagéré. Ce lien apparaît pourtant à plusieurs niveaux. D’abord, lorsque l’information est entravée par l'État pour empêcher l’accès à un discours jugé déviant, entamant un bras de fer avec une population qui aura recours à des astuces techniques pour contourner cette censure (satellites, VPN…), et donc entrant inévitablement dans une logique de tension. Ensuite, lorsqu’une information volontairement erronée est émise par un État vers l’extérieur, pour déstabiliser une société donnée (principe des fake news) : une logique de confrontation internationale est alors déjà à l’œuvre.

Également lorsqu’une bataille fait rage sur le contrôle de l’accès à l’information, télévisée ou sur les réseaux sociaux, au moment où des mouvements de protestation ont lieu, comme dans les printemps arabes de 2011 (le gouvernement égyptien a tenté de fermer Facebook), à Taïwan en 2014 (mouvement des tournesols), à Hong Kong la même année (mouvement des parapluies) ou à nouveau en 2019.

Enfin, le contrôle de l’information est désormais intégré à une stratégie globale ou « hybride », combinant action militaire, action subversive et manipulation de l’information, comme dans le cas de la déstabilisation de l’Ukraine par la Russie après 2014.

Perspectives

La paix passait jadis exclusivement par une entente entre les États, avant même de devenir des États (traités de Westphalie), ou au plus fort de leur puissance comme unité d’analyse des relations internationales (congrès de Vienne de 1815, ou traités suivant la Première Guerre mondiale).

Elle passait encore, pendant la guerre froide (1947-1991), par des négociations entre États, accompagnées de garanties, de mécanismes de surveillance, de l’établissement de communication entre leaders – comme le « téléphone rouge » entre États-Unis et URSS après la crise des fusées de Cuba en 1962. Elle sembla un temps passer par une gouvernance mondiale incluant de plus en plus des acteurs de la société civile, au cours des années 1990 et 2000, ponctuée de grandes conférences onusiennes.

De nos jours, la paix semble dépendre du respect des populations. Est-ce là une conception naïve, aujourd’hui principalement européenne, comme une parenthèse destinée à se refermer, pour laisser le rapport de force militaire reprendre ses droits ? Incontestablement, plusieurs capitales autoritaires le souhaiteraient. Mais le sens de l’histoire, les nouvelles technologies et l’engagement international croissant des citoyens font que la sécurité humaine, comme meilleur instrument de préservation de la paix, a de beaux jours devant elle.