Homophobie : forte hausse des injures et des violences anti-LGBT en 2019

En 2019, les crimes et délits commis à l’encontre des lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres (LGBT) ont augmenté de 36% par rapport à 2018. Les plaintes déposées ne représentent toutefois qu’une infime partie des injures, menaces et violences subies, du fait de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre, réelle ou supposée, des victimes.

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1 870 personnes ont déposé plainte en France métropolitaine en 2019. Elles étaient 1 380 en 2018 et 1 040 en 2017. L'augmentation des crimes et délits contre les personnes LGBT se confirme donc cette année.  C’est ce que vient d’annoncer le ministère de l'intérieur dans un communiqué publié le 17 mai 2020.

Une hausse encore plus forte qu’en 2018

En 2018, les services de police et de gendarmerie nationale avaient enregistré une hausse de 33% par rapport à 2017. En 2019, selon les statistiques publiées par le ministère de l’intérieur le 18 mai 2020, on constate une nouvelle augmentation de 36% par rapport à 2018. Celle-ci atteint même 38% si l’on inclut les départements d’outre-mer, ce qui représente au total 1 950 victimes. Plus inquiétant encore, ces chiffres n’intègrent pas les actes passibles de contraventions, eux-aussi en hausse de 27% par rapport à l’année précédente.

Le profil type des victimes évolue peu. Les hommes représentent 75% des victimes d’homophobie ou de transphobie. Dans deux cas sur trois, les victimes ont moins de 35 ans. La tranche d’âge la plus touchée est celle des 25-34 ans.

La typologie des infractions fait apparaître une augmentation des violences physiques, qui concernent 28,5% de l’ensemble des victimes. En revanche, le nombre de violences sexuelles décroît.

Plus d’une infraction sur deux est commise dans un lieu public (rue, transports, services publics).

5% des victimes d’injures auraient porté plainte

La plupart des victimes ne porteraient pas plainte selon le ministère de l'intérieur. Seules 5% des victimes d’injures à caractère anti-LGBT et environ 20% des victimes de menaces ou violences auraient porté plainte en 2019.

Les grandes villes enregistrent plus de plaintes que les petites communes. Les agglomérations de plus de 200 000 habitants concentrent 2/3 des déclarations d’infractions. C’est à Paris qu’est observé le taux d’enregistrement de plaintes le plus élevé par habitant. A contrario, les communes rurales sont sous-représentées avec 8% des infractions. Selon le ministère de l’intérieur, ce constat peut s’expliquer par la propension plus importante des victimes à porter plainte dans les grandes villes, du fait d’une "libération de la parole plus présente dans les zones urbaines".

Afin d’encourager les victimes à se manifester auprès des services de police et de gendarmerie nationale, et pour faire face au risque accru de menace durant le confinement, les forces de sécurité ont été sensibilisées à cette situation. En outre, le 27 avril dernier, le gouvernement a débloqué 300 000 euros destinés à créer des hébergements d’urgence pour les jeunes victimes de discriminations.

C'est dans ce contexte également que la proposition de loi de lutte contre les contenus haineux sur internet a été définitivement adoptée par l'Assemblée nationale le 13 mai 2020.