Déconfinement : le rapport Castex rendu public

Le rapport de Jean Castex, rendu public le 11 mai 2020, présente un projet de plan national d'action pour la sortie du confinement. En raison du niveau élevé d'incertitudes scientifiques, le rapport appelle à la plus grande prudence lors du déconfinement.

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Lors de son audition devant la commission des lois du Sénat le 6 mai, Jean Castex, coordonnateur national à la stratégie du déconfinement a qualifié l'"après-11 mai" de "sas" et a appelé à préserver la réversibilité des mesures de confinement en cas de résurgence de l'épidémie. Le rapport souligne qu'en l'absence, à brève échéance, de vaccin, la population demeure vulnérable face à une éventuelle deuxième vague épidémique de Covid-19.

Les critères d'un cadre sanitaire strict pour accompagner le déconfinement

Face au risque d'une résurgence de l'épidémie, le cadre sanitaire transversal pour la sortie du confinement est la contrepartie d'une reprise progressive de l'activité économique et sociale. Le rapport précise que la possibilité d’une réversibilité des mesures doit toujours pouvoir être offerte et l’éventualité d’un reconfinement en urgence doit rester dans les esprits et être anticipé par les pouvoirs publics. Dans la ligne de l'avis du Conseil scientifique du 20 avril sur les prérequis d'une sortie du confinement, le rapport de Jean Castex détaille quatre volets du contrôle sanitaire :

  • un suivi renforcé du risque épidémique reposant sur le recueil et la remontée des tests virologiques RT-PCR et une surveillance syndromique (révélée notamment par les zones rouges et vertes de la carte de la France publiée quotidiennement) ;
  • un suivi de l'activité hospitalière et des capacités de prise en charge du système de soins (lits de réanimation et mise en œuvre de tests sérologiques dans une phase ultérieure afin de déterminer le degré d'immunité collective) ;
  • l'application de mesures spécifiques permettant la maîtrise du risque épidémique (distanciation sociale, gestes barrière, port le plus large possible du masque), ainsi que l'identification des malades du Covid-19 par le traçage des contacts et la mise en isolement ;
  • un accompagnement spécifique pour les personnes vulnérables et des personnes âgées en EPHAD.

L'auteur évoque également le niveau "inquiétant" du report de soins au détriment d'autres pathologies.

Les mesures visant la reprise progressive de la vie économique et sociale

Au terme de huit semaines de confinement strict, les règles d'organisation de la vie quotidienne doivent concilier les exigences sanitaires et la "nécessaire" reprise des activités.

Dans son volet économique, la stratégie nationale de déconfinement concerne au premier chef la reprise du travail dans les entreprises et les commerces autorisés à ouvrir à partir du 11 mai (adaptation des règles concernant l'extension des plages de travail, période des soldes...). Le rapport recommande le recours massif au télétravail jusqu'à la fin juin ainsi que le recours à la visioconférence pour les réunions.

La reprise de la vie sociale en période de déconfinement doit reposer sur la liberté de déplacement, qui redevient la règle et l'interdiction l'exception. Cependant, pour limiter la circulation du coronavirus entre les territoires, le rapport recommande de limiter les déplacements dans un rayon de 100 km autour du domicile. Pour le jeudi de l'Ascension, le rapport propose que les déplacements hors de son département soient interdits. Autre restriction importante est celle qui concerne les réunions de plus de dix personnes. Si les marchés alimentaires ou les promenades en forêt devraient être autorisés, le principe de l'interdiction doit être maintenu pour l'accès aux plages (sauf autorisation du préfet sur proposition du maire).

La reprise de l'enseignement des premier et second degrés doivent privilégier le principe général de la reprise des cours en "présentiel", mais la reprise scolaire se fonde le sur le volontariat. La reprise des cours pour les étudiants doit être reportée à l'automne.

Le rapport évalue les besoins spécifiques de certaines populations (protection de l'enfance, femmes victimes de violences, sans domicile fixe, frontaliers, outre-mers) et consacre un développement important sur la reprise dans les transports en commun. L'application des règles sanitaires dans les transports en commun apparaît comme cruciale, avec en premier lieu le port du masque et le respect des règles de distanciation sociale.