Exposition des jeunes enfants aux écrans : quel impact sur le langage?

Les jeunes enfants exposés aux écrans le matin avant l’école et qui discutent rarement, voire jamais, avec leurs parents des contenus qu’ils y voient ont six fois plus de risques de développer des troubles primaires du langage.

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Exposition aux écrans : quel impact sur l'acquisition du langage. Très jeune enfant consultant une tablette.
La médecine scolaire évalue l'acquisition du langage dès l’âge de 4 ans. En France, 4 à 6% des enfants présentent des troubles primaires du langage, non liés à une pathologie. © tommoh29 - stock.adobe.com

Téléviseurs, ordinateurs, consoles de jeux, tablettes et smartphones, les écrans sont de plus en plus nombreux et ils sont de plus en plus utilisés par les jeunes enfants. Une étude réalisée par Santé publique France (SPF) et parue en janvier 2020 s'intéresse aux liens entre exposition aux écrans et troubles primaires du langage.

Objectif et déroulement de l’étude

La médecine scolaire évalue l'âge de l'acquisition du langage à 4 ans. En France, 4 à 6% des enfants présentent des troubles primaires du langage, non liés à une pathologie. Des études ont démontré la nocivité de la télévision sur leur santé, en particulier sur le développement du langage. L’étude de SPF examine l’impact sur celui-ci de l’exposition à tous les écrans.

Menée en 2016 dans 24 communes d’Ille-et-Vilaine, en Bretagne, l’étude porte sur des enfants de 3 ans et demi à 6 ans et demi : 167 d’entre eux souffrent de troubles primaires du langage nécessitant un suivi orthophonique, et les 109 enfants du groupe témoin n’en ont aucun. Un questionnaire complété par les parents fournit des informations sur l’enfant, sa famille et l’accès aux écrans.

Une incidence délétère sur le langage

L’étude a mis en évidence deux principaux facteurs de risque :

  • l’exposition aux écrans le matin avant l’école : elle épuise l’attention de l’enfant et le rend moins apte aux apprentissages pour le reste de la journée ;
  • le fait de ne pas discuter avec les enfants du contenu des écrans. Il augmente aussi le risque d’être exposé à un contenu inapproprié pour leur âge. De plus, un contenu, même adapté à l’âge, peut ne pas l’être à la personnalité de l’enfant.

Le cumul de ces deux facteurs, déjà significatifs individuellement, multiplie le risque par six environ. À l’inverse, la précocité de la première exposition aux écrans (à l’âge de 16 mois en moyenne pour les enfants de l’échantillon) et la durée d’exposition n’ont pas d’effet notable sur l’apparition de troubles du langage.

L’usage des écrans par les jeunes enfants constitue un problème de santé publique. Les professionnels de santé de la petite enfance ont un rôle important à jouer dans la prévention en informant les parents sur les risques encourus.