Mal-être, mécontentement, le CAE recommande de repenser les politiques territoriales

Le mouvement des Gilets Jaunes de 2018 a été un révélateur d’un mal-être dans les territoires. Quelles en sont les causes et comment repenser les politiques territoriales pour y répondre ? C’est l’objet d’une note du conseil d’analyse économique adressée au gouvernement.

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Rideaux fermés d'une boutique.
Si l’emploi est un des facteurs prépondérants, la perte des lieux de socialisation (écoles, lieux culturels, associations, commerces de proximité) et l’isolement renforcent le sentiment de mal-être. © trialartinf - stock.adobe.com

Quels sont les déterminants locaux du mécontentement exprimé par une partie de la population via le mouvement des Gilets jaunes ou dans l'abstention aux dernières élections présidentielles ? En s'appuyant sur des enquêtes sociologiques, les auteurs de la note "Territoires, bien-être et politiques publiques" évaluent l'impact de cinq caractéristiques de la vie locale : l'emploi, la fiscalité locale, les équipements collectifs, l'immobilier, le lien associatif.

Perte des lieux de socialisation et isolement

Le conseil d'analyse économique (CAE) évalue le malaise local en tenant compte de trois indicateurs : la mobilisation locale des Gilets jaunes, l'abstention aux élections présidentielles et le degré de satisfaction dans la vie et d'anxiété déclaré dans les enquêtes sociologiques.

Ce malaise local est ensuite confronté aux cinq caractéristiques de la vie locale. Tous ces facteurs concourent au mécontentement mais certains sont plus influents que d'autres. Pour le CAE, c'est la disparition d'équipements de santé et de commerces de proximité qui est le déterminant le plus fort dans l'émergence d'un mécontentement. Ainsi, une commune qui a perdu un commerce alimentaire a plus de chance de connaître un évènement Gilets jaunes ou une hausse de l'abstention. Pour maintenir le même niveau de bien-être après la perte d'une supérette, le CAE estime qu'il faudrait une augmentation du niveau de vie médian de la commune de 2155 euros par an.

Soutenir les solutions locales

À partir de ce constat, le CAE propose une réorientation des politiques territoriales. Plutôt que la mise en place de grands dispositifs centralisateurs qui ne sont pas parvenus à résoudre les problématiques sociales dans les territoires, la note recommande de soutenir les initiatives locales et de mettre en place des outils d’évaluation reposant non plus sur des seuls critères économiques mais sur des notions de bien-être local. 

S'il n'est pas possible de maintenir partout les équipements locaux, le conseil met cependant en évidence la nécessité de veiller à compenser leur perte par l'accès des habitants à des services dans la ville la plus proche. Il s'agit de relier toutes les communes à une ville équipée de commerces et de services essentiels.

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