Les jeunes sont inquiets pour le climat mais continuent de consommer

Si les jeunes sont de plus en plus préoccupés par la crise climatique, leurs comportements au quotidien n'en restent pas moins consuméristes. C'est ce que révèle une récente étude du Crédoc qui propose cinq pistes pour changer les pratiques de consommation des Français.

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Jeune fille de dos avec valise devant un panneau d'aéroport.
Les jeunes ont une pratique des transports plus écologique que leurs aînés mais ils ne renoncent pas à leurs désirs de voyages. © Ekaterina Pokrovsky - stock.adobe.com

Selon une étude réalisée par le Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), le changement climatique est ce qui inquiète le plus les jeunes en 2019.

Cette inquiétude environnementale s'est manifestée cette année à travers la grève mondiale des étudiants pour le climat, mais aussi la forte mobilisation des jeunes en faveur des partis écologistes aux élections européennes de mai 2019.

Les jeunes et l'environnement : une situation paradoxale

L'environnement est en tête des préoccupations chez les 18-30 ans (32%), devant l'immigration (19%) et le chômage (17%). L'engagement des 18-24 ans pour la défense de l'environnement progresse : 12% d'entre eux ont participé aux activités d'une association en 2019, contre seulement 3% en 2016.

Pourtant, l'étude montre que les comportements des jeunes au quotidien ne sont pas plus écologiques que ceux de leurs aînés. Ils sont moins nombreux à trier leurs déchets, à acheter des légumes locaux et de saison ou encore à réduire leur consommation d’électricité.

Les jeunes restent de gros consommateurs, adeptes de produits multimédia et de shopping. 62% des 18-24 ans disent avoir fait les soldes en janvier 2018 (contre 47% en moyenne) et ils sont plus nombreux à en profiter pour acheter plus, plutôt que pour économiser de l'argent. Ils ne sont pas non plus prêts à renoncer à leurs désirs de voyages : 28% des 18-24 ans ont pris l’avion deux fois ou plus dans l'année, soit 9 points de plus que la moyenne.

Cependant, les jeunes ont une pratique des transports plus écologique que leurs aînés : ils sont moins nombreux à posséder une voiture et privilégient la marche, la bicyclette, les transports en commun et le covoiturage. Ils sont aussi plus ouverts aux modes de consommation alternatifs (achat d’occasion, location, emprunt, revente, troc, etc.). 

Cinq leviers d'action pour une consommation plus durable

La sensibilisation au changement climatique est forte, mais ne suffit pas à changer les comportements. Pour encourager les jeunes vers une consommation plus durable, l'étude propose cinq pistes : 

  • donner à voir des exemples positifs d'action pour éviter le sentiment d'impuissance ; 
  • montrer les bénéfices personnels (respirer mieux, manger plus sain...) ; 
  • montrer que les pratiques durables peuvent être une manière de s'affirmer socialement (par exemple, en chinant d'anciens vêtements pour avoir un style vestimentaire bien en soi) ; 
  • montrer les évolutions positives dans les entreprises et les politiques publiques ; 
  • développer des applications aidant à réaliser des économies d'énergie, à choisir des produits à moindre impact.