Montres connectées pour enfants : les mises en garde de la CNIL

Les montres pour enfants représentent près de la moitié du marché mondial des montres connectées. Elles sont un moyen pour les parents de contrôler à distance l’activité de leurs enfants.

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Montre connectée au poignet d'un jeune homme.
Ces montres connectées destinées à rassurer les parents ne doivent pas occulter les dangers auxquels s’exposent leurs jeunes utilisateurs. © Hazal - stock.adobe.com

La Commission nationale informatique et libertés (CNIL) publie des conseils d’utilisation afin de prévenir deux dangers, le piratage des données et l’intrusion excessive des parents dans la vie de l’enfant.

Les dangers d’une mauvaise utilisation des montres connectées

Les montres sont équipées de nombreuses fonctionnalités. Elles localisent géographiquement leur porteur. Associées à une carte SIM, elles permettent de communiquer avec l’enfant, soit par appel téléphonique, soit par message. Programmées, elles alertent les parents lorsque l’enfant modifie son trajet ou s’écarte d’une zone délimitée. Elles mesurent le rythme cardiaque et le nombre de pas effectués dans la journée.

Selon le document de la CNIL, ces fonctionnalités destinées à rassurer les parents ne doivent pas occulter les dangers auxquels s’exposent leurs jeunes utilisateurs.

Le contrôle excessif a pour conséquence :

  • de limiter la capacité de l’enfant à apprendre par lui-même ;
  • d’autoriser l’intrusion dans l’intimité sociale et corporelle ;
  • de créer un sentiment de surveillance permanente qui peut altérer la confiance entretenue avec les parents.

Le risque de piratage des appareils fait l’objet d’une attention particulière de la CNIL. La sécurisation des données n’est pas toujours assurée de façon optimale, surtout dans le cas de montres à bas coûts. Par exemple, en l’absence de mot de passe sur une montre, les données personnelles peuvent être consultées en cas de vol. De même, si la montre ne possède pas de bouton de connexion au bluetooth, la montre va se connecter automatiquement dès sa mise en route, ce qui la rend vulnérable aux attaques d’éventuels pirates informatiques.

Les recommandations de la CNIL pour un usage respectueux et protecteur de l’enfant

La CNIL présente des recommandations dans l’objectif de protéger la vie privée des jeunes utilisateurs :

  • associer les enfants aux pratiques de surveillance. Ces pratiques doivent rester raisonnables. Un avis du groupe des commissions européennes chargées de la protection des données précisait dès 2011 qu’il "ne devrait jamais arriver que, pour des raisons de sécurité, les enfants soient confrontés à une surveillance excessive limitant leur autonomie" ;
  • effacer régulièrement les données pour lutter la récupération des données par des pirates et de se diriger vers des appareils qui sécurisent les connexions.

La CNIL rappelle que la loi du 3 août 2018 relative à l’encadrement de l’utilisation du téléphone portable dans les établissements d’enseignement scolaire est également applicable aux appareils bénéficiant des mêmes fonctionnalités.