Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, en réponse à une question sur la situation migratoire à la frontière de la Grèce et de la Bulgarie avec la Turquie, à l'Assemblée nationale le 3 mars 2020.

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Circonstance : Question au gouvernement à l'Assemblée nationale

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Texte intégral

Monsieur le Député,


Vous avez fait le point sur la situation migratoire à la frontière de la Grèce et de la Bulgarie avec la Turquie. Nous observons effectivement un afflux de migrants sur la frontière terrestre et des arrivées dans les îles, des migrants qui sont présents en Turquie depuis longtemps, qui sont iraniens, qui sont afghans, certes syriens aussi, beaucoup africains, sans doute poussés par les autorités turques à essayer de franchir la frontière.

La Grèce a pris des mesures fortes visant à empêcher le franchissement de la frontière, et comme le président de la République l'a fait avec le Premier ministre grec, j'ai moi-même fait part à mon homologue grec hier et avant-hier de la pleine et entière solidarité de la France. Ce message a aussi été transmis aux autorités bulgares, parce que ce qui se passe en Grèce nous concerne tous dans le cadre de l'espace Schengen.

Je voudrais vous dire très clairement, Monsieur le Député, qu'il est inacceptable que la Turquie instrumentalise la question des migrants pour faire pression sur l'Europe.

Nous avons conclu un accord en mars 2016. Cet accord doit être respecté. Il est respecté par l'Europe et tous les pays membres l'appliquent depuis quatre ans. Il doit être respecté aussi par la Turquie, d'autant plus que les engagements financiers sont très significatifs.

Pour pouvoir nous organiser davantage, nous avons décidé de tenir deux réunions de Conseil européen, le Conseil des ministres de l'intérieur, demain, et à la demande de la Grèce, et en soutien à la Grèce, nous nous réunirons vendredi afin de mettre en place les moyens d'intervention rapide pour soulager les autorités grecques, d'activer le mécanisme Frontex, et de faire en sorte que les Grecs aient les moyens de réagir et de s'opposer à cette intrusion et à ce chantage.

Voilà quelle est la position de la France.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 11 mars 2020