Transports de voyageurs : quelle qualité de service en 2019 ?

Aléas climatiques exceptionnels, grève nationale contre la réforme des retraites… L'année 2019 a été jalonnée d'événements qui ont affecté la circulation des transports publics. Néanmoins, la régularité et la ponctualité ont globalement progressé.

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L'Autorité de la qualité de service dans les transports a publié le 4 avril 2020 le bilan 2019 de la qualité de service des transports de voyageurs en France. Il fait un point précis sur les principaux modes de transport.

Le secteur aérien

De janvier à septembre 2019, le trafic aérien au départ et à destination de la France a augmenté de 3,9% par rapport à la même période de 2018. La hausse est plus marquée pour le trafic international (+4,1%) que pour les lignes intérieures (+3,2%).
La proportion des vols annulés a baissé, surtout sur les liaisons intérieures (1,2%).
La ponctualité s'est améliorée ; le taux de retard :

  • a chuté de 18,3% à 15,6% pour les vols intérieurs. Les moins ponctuels ont généralement pour origine ou destination Paris ; ceux qui relient des aéroports de province figurent au contraire parmi les plus ponctuels ;
  • atteint son plus bas niveau depuis 2012 sur les liaisons long-courriers (23,6%). Mais plusieurs d'entre elles, notamment avec l'outre-mer, ont un taux supérieur à 40% ;
  • reste élevé pour les lignes moyen-courriers (22,6%). Les plus forts taux touchent des liaisons avec l'Afrique du Nord.

Les retards des vols intérieurs et moyen-courriers restent principalement dus à l'enchaînement des vols dans le cadre d'une exploitation intensive. Ceux des long-courriers sont imputables aux compagnies aériennes.

Liaisons ferroviaires longue distance

Durant les trois premiers trimestres de 2019, le trafic voyageurs s'est accru de 13,5% par rapport à la même période de 2018.

Outre la grève interprofessionnelle de décembre, des événements météorologiques ont eu un lourd impact sur les transports ferroviaires, dont :

  • deux vagues de canicule sans précédent en juin et juillet ; la seconde a déclenché plusieurs incendies et dysfonctionnements majeurs d'installations techniques ;
  • trois épisodes méditerranéens intenses en automne et en décembre, à l'origine d'inondations dans le Sud.

La régularité des services TGV et internationaux s'est améliorée mais reste moins bonne qu'entre 2012 et 2017. Celle des Intercités s'est dégradée (2% d'annulation, son pire niveau depuis 2014). Les TGV les plus touchés par les annulations desservent le Sud-Est.

La ponctualité des services ferroviaires a progressé :

  • les Intercités enregistrent leurs meilleurs résultats depuis 2015 : 13,2% de retards. Un tiers d'entre eux ont des causes externes au transport (météo, mouvements sociaux, voies endommagées…) ; 20% résultent de problèmes d'infrastructure (maintenance, travaux) ;
  • le taux de retard des liaisons TGV a baissé (13,8% contre 17,8% en 2018), particulièrement sur l'axe Sud-Est. Les taux les plus élevés portent sur de longs trajets à destination de Paris. Un quart des retards sont causés par des facteurs externes au transport, et un autre quart à l'infrastructure.

Les transports régionaux

Le trafic des TER a connu une croissance de 18,4% en 2019. Leur taux de retard a chuté de 9,6% à 7,8%. Les retards sont imputables majoritairement à des causes externes au transport (30%) puis à l'infrastructure (19%) et à la gestion du trafic (18%). Le taux d'annulation, en hausse, présente de grandes disparités régionales : de 1,4% en Bourgogne-Franche-Comté à 3,7% en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

En Ile-de-France, sur l'ensemble des lignes RER et Transilien, la ponctualité s'est améliorée (sauf en décembre). Elle atteint 90,3%, son plus haut niveau depuis 2013. Celle de la ligne du RER A a beaucoup progressé à la suite d'une redéfinition des horaires. Les Transilien K, U, L, N et R affichent aussi une hausse significative de leur taux de ponctualité.