Canicule, sécheresse, parasites : la forêt française a souffert en 2019

L’année 2019 a été jalonnée en France par des épisodes de chaleur et de sécheresse très intenses qui ont nui à la santé des forêts. Ils ont contribué à un affaiblissement généralisé des arbres, les rendant plus vulnérables aux agents pathogènes et aux insectes ravageurs.

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Forêt avec, en premier plan, une stère de bois.
Avec le cumul d'aléas météorologiques, les arbres ont été fragilisés et les insectes ravageurs se sont multipliés. © Pictures news - stock.adobe.com

Le Département de la santé des forêts (DSF) du ministère de l’agriculture et de l’alimentation, dans sa Lettre de janvier 2020, dresse un état sanitaire de la forêt métropolitaine en 2019, essence par essence.

Des conditions climatiques défavorables

La France a connu en 2019 :

  • une canicule d’une intensité exceptionnelle fin juin et fin juillet. Les températures maximales ont battu des records, dépassant 40°C au Nord, soit plus de 10°C au-dessus des normales saisonnières ;
  • une sécheresse amorcée durant l’été 2018 et qui s’est prolongée en automne et en hiver puis a repris avec vigueur au cours de l’été 2019.

Ce cumul d’aléas météorologiques extrêmes a généré pour la forêt un stress et des dégradations sanitaires qui vont sans doute se poursuivre dans les prochaines années. Les arbres ont été fragilisés et les insectes ravageurs se sont multipliés, notamment les scolytes, qui vivent sous l’écorce et y creusent des galeries.

Des conséquences délétères sur la forêt

Les résineux, sensibles aux fortes sécheresses, sont particulièrement affectés :

  • l’épidémie de scolytes touchant les épicéas de l’est de la France s’est aggravée. Le volume de bois scolytés (7 millions de mètres cubes actuellement) ne cesse d’augmenter ;
  • les sapins montrent des signes croissants de dessèchement et sont victimes de ravageurs ;
  • les douglas ont subi des dégradations, voire un dépérissement dans les secteurs les moins arrosés. De plus, un ravageur des aiguilles du douglas s’étend dans le nord de la France ;
  • les pins, agressés par des insectes, enregistrent des mortalités élevées sur tout le territoire. L’essence la plus touchée est le pin sylvestre.

De nombreux hêtres dépérissent sur plusieurs milliers d’hectares, en Franche-Comté et dans les Vosges. Face à ce phénomène inédit, le DSF a publié des préconisations incitant à la prudence dans les actions sylvicoles menées afin de ne pas aggraver les processus de dépérissement.

Sur la quasi-totalité du territoire, la châtaigneraie est infectée par un micro-organisme, l’encre du châtaignier. Il provoque une mortalité importante dans le centre de la France. L’avenir de l’essence dans le Nord-Ouest est incertain. Dans le Sud, à la suite d’une mortalité généralisée, d’autres espèces comme le chêne vert et le merisier se substituent au châtaignier.

Les autres essences composant la forêt française (mélèze, cèdre de l’Atlas, peuplier, chêne, charme, érable, frêne et autres feuillus) n’ont pas subi de dommage sanitaire majeur en 2019.