Moyen-Orient : une paix impossible ?

Guerres interétatiques, guerres civiles, agressions extérieures, conflits asymétriques... depuis des décennies le Moyen-Orient est en proie à des violences de toutes sortes. Une paix y est-elle encore possible ?

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Bien des interprétations sont concevables pour tenter de comprendre pourquoi la paix semble impossible au Moyen-Orient. Trois dimensions méritent d’être soulignées :

  • la division segmentaire des sociétés ;
  • la privatisation de la violence ;
  • et la récurrence des interventions étrangères.

La division segmentaire des sociétés

Identités plurielles et systèmes politiques

Au Moyen-Orient ont toujours vécu des populations différentes sur le plan culturel, confessionnel et linguistique, avec de surcroît des modes de vie fort contrastés entre la ville, la campagne et le désert.

L’ordonnancement juridique de l’Empire ottoman avait pris en compte cette diversité et donc ces identités plurielles renvoyant à la fois à de grands groupes ethniques (les Turcs, les Arabes, les Kurdes...) et à des référents religieux singuliers.

Si les sunnites, largement majoritaires, disposaient des droits les plus aboutis, les chiites étaient relégués dans des périphéries territoriales et sociales tandis que les chrétiens et les juifs bénéficiaient d’un statut de relative autonomie consacré par le régime des millets (communautés religieuses légalement protégées) impliquant, en retour, des formes de sujétion notamment sur le plan fiscal. Les uns et les autres étaient eux-mêmes séparés en plusieurs communautés comme les Maronites, les Grecs orthodoxes, les Druzes, les Alaouites, les Yézidis, les Arméniens...

Cette foisonnante richesse sociétale et religieuse se prolongeait sur le plan linguistique avec le turc ottoman, l’arabe, le grec, le persan, le kurde, l’araméen, l’arménien... Ces identités s’inséraient par ailleurs dans des relations sociales où les clans et les tribus jouaient un rôle fondamental.

Les modes de gouvernance de l’Empire ottoman se sont adaptés à ces contextes socioculturels et politiques, au niveau local par des formes de déconcentration du pouvoir et au niveau de l’État central par l’intégration d’élites issues de telle ou telle communauté.

Le moment symbolique de la rupture avec l’ordre ottoman a lieu le 11 décembre 1917 avec l’entrée du général britannique Allenby à Jérusalem. Cet événement préfigure la défaite (armistice de Moudros en octobre 1918) – et donc la fin de l’Empire – et l’irruption d’une nouvelle formule politique, celle de l’État-nation, que les puissances coloniales de l’époque vont importer dans les provinces arabes de l’Empire à la suite des accords Sykes-Picot (1916).

La France et le Royaume-Uni décident alors seules des frontières des nouveaux États qu’elles créent dans lesquels les populations sont en quelque sorte sommées de vivre tandis que d’autres peuples (les Kurdes et les Palestiniens) sont laissés en dehors de l’Histoire.

D’un point de vue théorique, l’équation politique de l’État-nation (un gouvernement, un peuple, un territoire) est aux antipodes de celle de l’Empire ottoman qui, à l’inverse, cherche à administrer la pluralité pour mieux la contrôler. Avec l’avènement de l’État se pose donc d’emblée la question de sa capacité à prendre en compte cette segmentation sociétale pour la gérer et, à terme, la dépasser dans une dynamique de construction nationale.

À la différence des pays du Golfe et de l’Arabie saoudite qui ont une tout autre histoire, des sociétés assez homogènes et des pouvoirs aux légitimités traditionnelles enracinées sur de longues périodes, les États de ce qu’on pourrait appeler « l’espace Sykes-Picot » n’ont pratiquement jamais réussi à être en adéquation avec la diversité ethnique et culturelle de leur société, alors même qu’un sentiment d’identité nationale s’est imposé au fil du temps.

C’est pourquoi, avec plus ou moins d’intensité, de fortes tensions entre l’appartenance nationale et l’appartenance communautaire resurgissent régulièrement dans ces pays.

Logiques de l’État-nation

Face à cette contradiction, on peut distinguer plusieurs cas de figure.

  • Le plus répandu est l’autoritarisme, voire des formes de totalitarisme, avec comme corollaire l’instrumentalisation du fait communautaire. En Irak, depuis l’indépendance, les sunnites ont toujours accaparé l’État. Avec le régime de Saddam Hussein cette domination s’est encore consolidée, tandis que les chiites étaient marginalisés et parfois violemment réprimés comme au moment de leur révolte en 1991. Quant à la troisième composante du pays, les Kurdes, ils ont été victimes des pires exactions comme pendant l’opération Anfal en 1988 qui a fait des dizaines de milliers de morts... La Syrie, à majorité sunnite, est depuis des décennies dominée par un pouvoir arc-bouté sur la minorité alaouite qui considère l’État comme lui appartenant. Dans une telle configuration, il peut faire alliance avec telle ou telle minorité ou avec des clans de la majorité sunnite mais toujours pour conserver, quoi qu’il arrive, sa domination. Et quand a éclaté la révolte de 2011, la violence inouïe que le régime a déployée pour tenir à tout prix est bien l’expression même de sa nature profonde. À l’heure actuelle, Bachar al-Assad a encore renforcé les dimensions communautaires du système. En Irak, après la chute de Saddam Hussein, le nouveau pouvoir chiite a pris sa revanche sur les années de suprématie sunnite, accentuant encore davantage les clivages communautaires.
  • Le système libanais est radicalement différent. Fondé sur une aspiration à la démocratie, il bute toujours sur le socle incontournable des identités « premières ». Car si on se sent libanais, on « est », en même temps, maronite ou chiite ou sunnite ou druze ou grec orthodoxe... Et quand une déflagration violente bouleverse le pays, l’appartenance « première » passe le plus souvent avant le référent national, comme dans les années de guerre civile de 1975 à 1990. De nos jours, plus que jamais peut-être, l’appartenance communautaire structure toute la vie sociale et politique libanaise. Le désir de démocratie vient ainsi se fracasser sur la dure réalité des rapports de force démographiques entre les communautés. Ce n’est pas un hasard si, depuis les années 1930, il n’y a plus de recensement au Liban. Il n’est pas question de remettre en cause l’illusion fédératrice selon laquelle musulmans et chrétiens seraient en nombre équivalent.
  • Un autre cas de figure est la prévalence d’une logique de l’État-nation fondée sur une idéologie ethno-nationaliste. Par exemple, à la fin de l’Empire ottoman, les ultranationalistes au pouvoir en Turquie ont froidement décidé et organisé, en 1915, le génocide des Arméniens. Puis, au début des années 1920, Mustafa Kemal a expulsé, par la force, tous les Grecs orthodoxes, une expulsion consacrée par la convention gréco-turque de 1923. À l’issue des déplacements forcés, il n’y avait pratiquement plus de chrétiens en Turquie... Dans un contexte radicalement différent, au moment de la guerre israélo-arabe de 1948, David Ben Gourion a ordonné à son armée d’expulser un grand nombre de Palestiniens pour que le nouvel État d’Israël soit à majorité juive. C’est une des raisons pour lesquelles ces hommes et ces femmes devenus des réfugiés n’ont jamais pu revenir chez eux. Sur les 900 000 Palestiniens qui vivaient alors sur le territoire qui devint celui d’Israël, il n’en est resté que 150 000. Leurs descendants représentent aujourd’hui environ 20 % de la population israélienne.

La privatisation de la violence

Monopole de la violence illégitime

En Irak, jusqu’en 2003, et en Syrie, jusqu’à nos jours, l’État a exercé des formes de totalitarisme avec une implacable répression des opposants, des camps d’internement, un recours systématique à la torture, et donc la terreur comme mode de gouvernement.

Milices armées et effondrement de l’État

Quand ces pouvoirs qui ont le monopole non pas de la violence légitime mais bien celui de la violence arbitraire et donc illégitime sont remis en cause dans une guerre civile comme en Syrie et au Yémen ou par une intervention étrangère comme en Irak, la dialectique de la tension entre appartenance nationale et référents identitaires se brise au profit de ces derniers.

La privatisation de la violence apparaît alors comme inéluctable avec l’irruption de milices armées toujours liées à une communauté, ou plutôt à une fraction de communauté, car celle-ci est toujours traversée de contradictions politiques et idéologiques. Ces milices peuvent être autonomes ou constituer le bras armé d’un mouvement politique. Elles peuvent aussi être formellement intégrées aux forces armées d’un pays, comme en Irak.

Quand les combats ont cessé et que l’État retrouve un semblant d’autorité, un même défi lui est toujours lancé : comment intégrer ces milices dans l’appareil d’État et l’armée ? Tout dépend alors des rapports de force. S’il n’est pas en faveur du pouvoir central, au nom de quoi une milice en situation de conserver ses armes et donc sa puissance accepterait-elle de les rendre ?

Par ailleurs, le lien avec les communautés est souvent brouillé par de violents clivages idéologiques qui viennent compliquer la donne. Sans compter des allégeances à des acteurs extérieurs soucieux avant tout de leur propre agenda stratégique.

À cette complexité vient s’ajouter une dimension prosaïque : l’appât du gain. Les miliciens se vendent au plus offrant, parce qu’il faut bien survivre dans un univers déstructuré, dévasté et défiguré par une guerre dont ils peuvent oublier très vite le sens initial...

Si la privatisation de la violence est dialectiquement liée à l’effondrement de l’État, au Liban la question se pose en d’autres termes : elle y est structurelle, puisqu’il n’y a pas d’État. Ce qu’on appelle l’État libanais est en effet une fiction, du fait qu’il est incapable de mettre en œuvre la moindre politique publique, de défendre ses frontières et, plus généralement, d’affirmer son autorité sur son territoire. Chacune des principales communautés a donc toujours cherché à se doter des moyens de se défendre.

La guerre civile libanaise a ainsi opposé des communautés entre elles, par milices interposées, mais aussi entre des milices d’une même communauté. Cependant, cet affrontement potentiel entre ces acteurs paraît aujourd’hui hors de propos. Le Hezbollah dispose en effet d’une puissance sans commune mesure avec tous les autres.

La lutte armée des mouvements nationalistes

Une autre origine de la privatisation de la violence est liée à l’histoire de deux peuples sans État : les Kurdes et les Palestiniens. Ces derniers ne cessent, depuis des décennies, de revendiquer un toit politique et donc un État par tous les moyens, y compris la lutte armée qu’ils présentent comme une forme de résistance. Mais leurs adversaires s’empressent alors aussitôt de les qualifier de terroristes pour mieux les discréditer.

Les cas du Fatah et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) sont des exemples typiques de mouvements nationalistes ayant choisi cette voie avant de bifurquer vers une stratégie essentiellement diplomatique à la fin des années 1980. Celle-ci a abouti aux accords d’Oslo qui, depuis, ont fait naufrage.

Si, malgré cet échec historique, l’OLP et l’Autorité palestinienne continuent de privilégier les négociations, le Hamas demeure quant à lui partisan de la lutte armée, avec toutes les conséquences dramatiques qu’une telle posture implique...

Deux peuples sans État – les Kurdes et les Palestiniens – ne cessent depuis des décennies de revendiquer un toit politique.

La forme des combats politiques des Kurdes a beaucoup varié selon les configurations dans lesquelles ils ont dû agir, d’autant qu’ils existent dans quatre États.

En Irak, les peshmergas (combattants kurdes) ont été engagés dans des affrontements très durs contre l’armée de Saddam Hussein. Mais si les Kurdes de ce pays n’ont toujours pas leur État, ils bénéficient, depuis les années 1990, d’une véritable autonomie. Et les peshmergas sont désormais le bras armé du gouvernement régional du Kurdistan.

En Syrie, le Parti de l’union démocratique (PYD) tient une bonne partie du nord du pays, au grand dam de la Turquie qui a lancé en octobre 2019 une offensive militaire pour empêcher la création d’un Kurdistan autonome à sa frontière.

La violence des groupes terroristes

Enfin, dans le vide abyssal provoqué par le chaos des affrontements sont apparus des groupes terroristes fanatiques. Le plus puissant et le plus dangereux est l’organisation État islamique (Daech). De nature totalitaire, il désigne l’ennemi à abattre non pas pour ce qu’il fait mais pour ce qu’il est (comme les Yézidis) et cherche à écraser tout qui ce qui n’est pas strictement conforme à sa conception du monde. S’il a été vaincu sur le plan militaire, Daech peut sans doute encore recruter et faire des émules prêts à toutes les batailles.

Son implantation territoriale (de 2014 à 2017) autour de Mossoul et de Raqa n’aurait pas pu intervenir s’ils n’avaient pas trouvé dans la population sunnite des soutiens, mais aussi des hommes capables de participer à l’élaboration de sa stratégie sur le terrain comme à l’international. Son terreau constitué de frustration, de désespérance et de sectarisme est loin d’avoir été asséché.

 

La récurrence des interventions étrangères

Interventions occidentales

Historiquement, c’est la France et le Royaume-Uni qui inaugurent le cycle ininterrompu des interventions militaires au Moyen-Orient. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, elles prennent en effet le contrôle de la région avec l’octroi de mandats consacrés par la conférence de San Remo (avril 1920 en Italie) qui masquent la réalité d’une domination sans partage jusqu’aux indépendances des États qu’elles ont créés.

Par la suite, leur dernière tentative (l’expédition de Suez en octobre 1956) s’est soldée par un humiliant fiasco. Elles n’étaient plus de grandes puissances comme le leur ont rappelé sèchement les États-Unis et l’Union soviétique en exigeant le retrait immédiat de leurs troupes ainsi que celles de leur allié, Israël.

L’agression des États-Unis contre l’Irak, en mars 2003, se déploie dans un total mépris du droit international.

Dès les années 1950, la guerre froide structure le Moyen-Orient où les deux superpuissances ont leurs alliés. Puis, avec la disparition de l’Union soviétique, les États-Unis deviennent les seuls maîtres du jeu. En réaction à l’agression irakienne de 1990 contre le Koweït, avec l’aval de l’ONU sur la base du chapitre 7 de la Charte, ils décident d’une opération militaire internationale de grande envergure. Déclenchée en février 1991, celle-ci se solde par l’écrasement de l’armée irakienne qui est suivi de la mise en place d’un embargo dont la population civile va terriblement souffrir.

À l’inverse de la précédente, l’agression des États-Unis contre l’Irak, en mars 2003, se déploie dans un total mépris du droit international. Elle se poursuit par la destruction systématique des institutions irakiennes et, donc, de l’État sur ordre du proconsul Paul Bremer agissant sur instruction de Washington.

Cette intervention américaine a provoqué une catastrophe absolue pour l’Irak. La société irakienne et l’immense majorité des Irakiens ont soudain été plongées dans un chaos mortifère dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui.

Comme dans toute situation de violence, les référents identitaires sont portés à incandescence. Pour la première fois dans l’histoire du pays, les chiites sortent de leur relégation et accèdent au pouvoir. Les sunnites sont brutalement marginalisés, à un point tel que certains iront plus tard rejoindre Daech. Quant aux Kurdes, tout en restant dans le jeu politique national, ils font tout pour consolider leur autonomie en attendant une impossible indépendance.

Cette intervention provoque en outre de multiples effets pervers à l’échelle régionale. Le plus important fut sans aucun doute la formidable opportunité stratégique que l’effondrement du régime de Saddam Hussein a offerte à l’Iran.

La République islamique s’est en effet ainsi débarrassé d’un ennemi mortel qui l’avait entraîné dans une interminable guerre dévastatrice (1980-1988). Ce tournant décisif dans l’histoire du Moyen-Orient permet à l’Iran de s’affirmer comme une puissance régionale dont l’action sera encore renforcée avec la révolte contre le régime syrien lui permettant de s’implanter aussi en Syrie.

En 1990 comme en 2003, la Russie, alors déchue de son statut de grande puissance n’a pu qu’assister à ces interventions sans pouvoir s’y opposer. Pour Moscou, cette situation d’humiliation fut insupportable. D’où les efforts considérables mis en œuvre par Vladimir Poutine pour que son pays retrouve son rang.

Désormais, tout semble structuré par un virulent antagonisme entre l’Arabie saoudite et l’Iran.

Dans cette perspective, la guerre en Syrie et les atermoiements des Occidentaux lui ont donné une occasion d’agir de manière décisive avec une vaste opération de ses forces armées en Syrie, à partir de septembre 2015. Cette conduite a bouleversé la donne régionale et permis à la Russie de redevenir une incontournable puissance.

Interventions des puissances régionales

À côté de ces interventions venant de l’extérieur, il y a celles déclenchées à l’initiative des États de la région. Jusqu’à une période récente, elles étaient surtout liées au conflit israélo-arabe et israélo-palestinien ainsi qu’à la politique agressive de l’Irak de Saddam Hussein à l’égard de l’Iran et du Koweït.

Désormais, tout semble structuré par un virulent antagonisme entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Il contribue beaucoup à aggraver les conflits en cours, puisque l’intervention de l’un, quelle qu’en soit la forme, provoque aussitôt en réaction celle de l’autre : au Yémen, en Syrie, en Irak, au Liban, dans la question palestinienne, au Kurdistan irakien...

Cet affrontement bipolaire aux multiples dimensions redistribue les alliances avec notamment un rapprochement stratégique entre l’Arabie saoudite et Israël contre l’Iran, totalement soutenu par les États-Unis de Donald Trump.

C’est dans ce nouveau contexte que le président américain a dénoncé unilatéralement en mai 2018 l’accord de juillet 2015 sur le nucléaire iranien et décidé de renforcer au maximum les sanctions contre Téhéran. Depuis lors, il multiplie les déclarations très hostiles à l’encontre de la République islamique, qui peuvent être interprétées comme autant de menaces d’une guerre à venir contre l’Iran.

Perspectives

On ne voit donc pas comment le Moyen-Orient pourrait bientôt connaître des situations apaisées sans même ici évoquer la perspective d’une paix. D’autant que l’on ne peut sérieusement en parler que lorsque les différents acteurs en conflit ont réussi à trouver les termes équilibrés d’un compromis politique. Toute « paix » imposée par les armes du plus fort n’est qu’une séquence d’une confrontation qui, à un moment ou à un autre, repartira sous une autre forme au gré des rapports de force.

Presque tous les acteurs de ces conflits partagent une certitude : le combat dans lequel ils sont engagés est existentiel.

Pour parvenir à une véritable paix, les obstacles à franchir sont énormes. Ils renvoient à des affrontements identitaires, à des conflits d’intérêts, à des rivalités de puissance, à des obsessions sécuritaires, à des combats idéologiques...

Une certitude est en outre partagée par – presque – tous les acteurs de ces conflits : le combat dans lequel ils sont engagés est existentiel. Ils sont convaincus que leur existence même est en jeu en tant qu’individus, en tant que communauté, en tant que nation, en tant qu’État.

Dans de telles configurations extrêmes, les modérés n’ont guère longtemps voix au chapitre. Ce sont le plus souvent les dirigeants les plus radicaux qui s’imposent en prônant des politiques toujours plus brutales.

Si la paix paraît donc impossible à moyen terme, cela ne signifie pas que le Moyen-Orient soit condamné à la guerre perpétuelle. Pour les conflits que nous avons évoqués, des solutions politiques ont été élaborées par des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies votées à l’unanimité. Au moins la voie est-elle tracée...