Quel est le champ de la politique de l’emploi ?

On entend par politique de l’emploi les interventions publiques qui ont pour objectif de corriger les déséquilibres et les conséquences néfastes du marché du travail. Les politiques de lutte contre le chômage en sont un des éléments parmi d’autres. En effet, le champ d’intervention est vaste et les mesures mises en œuvre nombreuses.

Les interventions générales bénéficient à l’ensemble des salariés quelles que soient leurs caractéristiques individuelles mais en lien avec leur situation sur le marché du travail. Il s’agit des :

  • dispositifs d’allègements généraux de cotisations sociales ou d’impôts en faveur des bas salaires ou des heures supplémentaires ;
  • incitations financières à l’emploi ;
  • exonérations de cotisations sociales ou fiscales en faveur de certaines zones géographiques ou de certains secteurs économiques (hôtels-cafés-restaurants, services à la personne, agriculture).

Ces politiques visent à abaisser le coût du travail dans le but de maintenir ou d’encourager la création d’emplois. Elles permettent également d’améliorer la compétitivité des entreprises en diminuant le coût de la main-d’œuvre ou de redynamiser économiquement certaines zones géographiques en incitant les entreprises à s’y implanter.

Parmi les mesures ciblées, on trouve les dispositifs s’adressant à des catégories particulières, tels que les jeunes, les chômeurs de longue durée, les seniors, les personnes handicapées… Ces mesures permettent de compenser des difficultés spécifiques (manque ou absence de qualification, nécessité d’aménager un poste de travail par exemple) afin de rendre les populations cibles plus « employables ».

À ce premier niveau d’analyse, on peut en ajouter un second selon que ces mesures sont :

  • actives, c’est-à-dire qu’elles incitent le bénéficiaire à reprendre une activité professionnelle (par exemple la prime à l’emploi ou le RSA activité, remplacé en 2016 par la prime d’activité), à se former pour mieux répondre aux besoins du marché de l’emploi (dispositifs de formation professionnelle), à soutenir l’emploi (politiques d’exonération de charges sur les bas salaires) ;
  • passives, c’est-à-dire qu’elles permettent au bénéficiaire de faire face financièrement à la période de chômage (politiques d’indemnisation du chômage), ou qu’elles soutiennent les retraits d’activité (politiques de prise en charge des pré-retraites).