Les crises économiques du XXe siècle

Par La Rédaction

L’activité économique se mesure principalement par l’évolution de la production. Cette activité se caractérise par des fluctuations cycliques rythmées par la succession de différentes phases : l’expansion (hausse de la production), la crise (la production cesse d’augmenter), la dépression (baisse de la production) et la reprise (la production augmente à nouveau).

Au sens strict, la crise correspond au retournement de l’activité économique, c’est-à-dire le point de rupture marquant la fin d’une phase d’expansion. L’économie passe brutalement d’un taux de croissance élevé à un taux de croissance très ralenti ou même à une baisse de l’activité économique. Par extension, la crise désigne également au sens large la période de récession (la production continue d’augmenter mais à un rythme moins rapide), voire à la phase de dépression durant laquelle la production baisse de façon profonde et  durable. 
 

Les deux crises majeures du XXe siècle

Le krach boursier d’octobre 1929 est l’élément déclencheur de la crise que l’on a appelée la Grande dépression des années 1930. L’effondrement des cours de la bourse de New-York (Wall Street), qui se produit après une période de hausse spéculative, ruine brutalement des centaines de milliers de personnes et provoque des crises et des faillites bancaires en chaîne. Les secteurs commercial et industriel sont à leur tour touchés par un recul de la production, une chute des prix et des salaires ainsi qu’une hausse très importante du chômage. L’insuffisance de la demande par rapport à la quantité de biens produits explique la baisse de la production. Ne trouvant plus une demande solvable pour écouler leurs produits, les industriels se mettent en effet à réduire leur activité et à licencier massivement. La crise de surproduction devient mondiale. La chute de la demande et de la production entraîne un effondrement du commerce international et plonge l’économie mondiale dans une longue période de déflation (une baisse des prix) et de chômage de masse. 


La crise de 1973. L’économie mondiale est au début des années 1970 marquée par des facteurs de déséquilibres comme la crise du système monétaire international, la baisse des gains de productivité ou les premiers signes de l’inflation mais le retournement de la conjoncture économique est dû à ce que l’on a appelé le premier choc pétrolier. En octobre 1973, le quadruplement du prix du baril par les pays producteurs de pétrole (OPEP)  provoque brutalement dans les pays occidentaux une augmentation des coûts de production et un renchérissement des importations. La crise se traduit à court terme par le ralentissement de la croissance, l’augmentation du nombre de faillites d’entreprises, le recul de l’investissement, la hausse des prix (inflation), l’aggravation des déficits commerciaux liés à la facture pétrolière et la montée du chômage qui va s’avérer durable.
 

Des crises différentes

Si les deux crises majeures du XXe siècle présentent certaines similitudes (déclenchement dû à un choc, hausse du chômage, difficulté à établir des perspectives claires pour la sortie de crise), elles présentent toutefois des caractéristiques très différentes : 

  • les années qui suivent 1929 sont marquées par la dépression alors que dans les années 1970, on assiste seulement à une récession (ralentissement du taux de croissance) ;
  • après 1973, les prix vont continuer à augmenter (inflation) alors qu’ils avaient baissé dans les années 1930 (déflation) ;
  • si la Grande dépression a conduit au protectionnisme et à un recul des échanges internationaux,  au cours de la décennie 1970, la croissance du commerce international se poursuit mais à un rythme plus lent ;
  • enfin, la consommation avait chuté dans les années 1930, elle n’a fait que ralentir sa progression après 1973 (le système de protection sociale a joué un rôle important pour le maintien du pouvoir d’achat des ménages).