Par pouvoirs publics, on entend la Présidence de la République, l’Assemblée nationale et le Sénat, le Conseil constitutionnel, la Haute Cour et la Cour de justice de la République. Ces institutions sont soumises à un traitement budgétaire particulier. Ce traitement spécial est justifié par l’exigence d’autonomie financière liée à ces institutions, conséquence du principe de séparation des pouvoirs. Ce traitement n’exclut pas l’information et le contrôle sur l’utilisation de ces crédits.
L’ordonnance de 1959 avait réservé le titre II des dépenses ordinaires aux pouvoirs publics. Avec la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) de 2001, ces crédits sont désormais regroupés dans une mission "Pouvoirs publics" composée d’une ou plusieurs dotations spécifiques à chacune des institutions ci-dessus mentionnées (à l’exception de la Haute Cour qui ne reçoit aucun crédit). S’y ajoute la dotation pour La Chaîne parlementaire (LCP, constituée de deux chaînes distinctes : LCP-Assemblée nationale et Public Sénat).
Les dotations sont dérogatoires aux "programmes" : elles ne sont pas soumises aux exigences de performance et ne distinguent pas les dépenses de personnel des autres. Les dotations sont votées comme les autres crédits et leur utilisation fait l’objet d’un compte rendu annuel.
Les pouvoirs publics déterminent eux-mêmes le montant des crédits dont ils ont besoin selon une procédure encadrée, à l’issue de laquelle le GouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d'État, chargé de l'exécution des lois et de la direction de la politique nationale inscrit le montant demandé dans le projet de loi de finances – afin d’obtenir l’autorisation parlementaire.
L’utilisation des crédits, soumise aux règles de la comptabilité publique avec certaines spécificités, fait l’objet, dans chaque assemblée, d’un contrôle par une commission parlementaire spécialement désignée.
Les comptes des assemblées font l’objet d’une certification. Les comptes et la gestion de la Présidence de la République font l’objet, depuis 2008, d’un contrôle annuel de la Cour des comptes.