Comment fonctionne la zone euro ?

La zone euro a vu le jour en janvier 1999 lorsque les banques centrales nationales de onze États membres de l’Union européenne ont transféré à la Banque centrale européenne (BCE) leurs compétences en matière monétaire. Depuis 2013, dix-neuf États en font partie.

La politique monétaire de la zone euro est gérée par la BCE, qui est chargée de fixer les taux d’intérêt, en fonction notamment de l’objectif de stabilité des prix. Dans la réalité, elle tient compte également de la conjoncture économique, et l’inflation a d’ailleurs dépassé à plusieurs reprises la barre des 2% fixée par le traité de Maastricht.

En effet, la BCE a dû faire face, au début des années 2000, à un décalage de situation économique entre les différents membres de la zone euro. Des pays comme l’Irlande ou l’Espagne affichaient alors des taux de croissance élevés qui s’accompagnaient d’une inflation plus forte que dans d’autres pays, comme l’Allemagne ou la France, lesquelles n’obtenaient que des taux de croissance relativement bas. Dès lors, il était difficile pour la BCE de fixer ses taux d’intérêt : trop hauts, ils risquaient de freiner la croissance des pays les moins dynamiques ; trop bas, ils risquaient de favoriser l’inflation déjà élevée des pays à croissance forte.

Malgré les critères de convergence de Maastricht, la zone euro est donc loin d’être homogène, rendant compliquée la définition d’une politique monétaire appropriée, et ce a fortiori lorsqu’il n’y a pas de réelle union économique. En effet, l’UEM, comme son nom l’indique, aurait dû être une union économique et monétaire mais elle a été amputée de son “E”. Aucun gouvernement économique n’a été prévu par le traité de Maastricht. Ceci est notamment dû au refus des Allemands de voir le pouvoir politique intervenir dans les questions monétaires, ce qu’ils redoutent tant à cause de l’expérience hitlérienne que de leur crainte d’une intervention à visée politicienne sur les taux d’intérêt.