Femmes : faire tomber le tabou des règles

Alors que la journée internationale pour les droits des femmes est prévue le 8 mars, le sujet des règles (menstruations) est resté longtemps tabou. Il entre néanmoins progressivement dans le débat public, abordé sous tous ses aspects, hygiéniques, médicaux, sociétaux, éducatifs.

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Les menstruations touchent environ 15,5 millions de femmes de 13 et 50 ans © Erica Smit - stock.adobe.com

De la puberté à la ménopause, les femmes sont concernées par les menstruations. La Délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes de l’Assemblée nationale a décidé de traiter ce sujet de manière globale et a remis le 13 février 2020 un rapport d'information sur les menstruations qui en aborde les différents aspects médicaux, sociétaux, économiques, afin que les pouvoirs publics apportent des réponses aux questions soulevées.

Dans la vie d’une femme, 38 années de menstruations

En France, on estime que les menstruations touchent environ  15,5 millions de femmes âgées entre 13 et 50 ans. Ces cycles naturels touchent différents aspects de la vie des femmes qui, pourtant, peuvent être confrontées à de multiples difficultés, tant médicales que sociétales, par manque de prise en compte de cette spécificité. Pourtant la prise en compte des problématiques liées aux menstruations participe à l'égalité entre les hommes et les femmes.

Loin d’être anecdotiques, les cycles de menstruations touchent les femmes pendant une longue période de leur vie.

L'accès aux protections menstruelles : enjeu de dignité humaine

En plus de la gêne, de la difficulté d’en parler, les femmes se trouvent souvent confrontées à différentes difficultés qui touchent à la qualité de la composition des produits de protection menstruelle, à leur utilisation et aux possibilités de s'en procurer.

Les produits de protection mis sur le marché doivent fait l’objet de contrôle sur la qualité de leur composition. Et afin d'éviter les chocs toxiques, les conseils et temps d’utilisation doivent être clairement affichés.

Les sommes consacrées à l’achat des protections, internes, externes, évaluées entre 10 et 50 euros par mois, montrent que pour une frange de la population féminine, cet achat est trop coûteux (en particulier pour les 4,7 millions femme qui ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, les 1,7 million de femmes, estimées par l’association Règles élémentaires qui sont touchées par la précarité menstruelle, les 56 600 femmes sans-domicile). La dignité humaine des femmes passe par un accès aux protections menstruelles plus aisé et, pour certaines populations féminines, par un accès gratuit dans l’espace public (distributeurs de protections menstruelles, dans les gares, les hôpitaux, dans les universités, les lycées...).

Des problématiques liées aux règles mieux prises en compte dans la santé des femmes

En matière de problématiques liées aux règles, le manque d'éducation et d'information concerne autant les femmes que les professionnels de santé. La santé des femmes doit mieux englober les problèmes hygiéniques et médicaux liés aux règles.

Pour ce faire, il est nécessaire de développer une meilleure information vers les femmes. Ainsi les visites médicales obligatoires entre 11 et 13 ans et 15 et 16 ans doivent être l’occasion de mieux informer les jeunes filles sur les règles, l’utilisation des protections, l’hygiène, etc.

Quant à l'information vers les professionnels de santé, elle permettrait de diagnostiquer plus rapidement le syndrome de choc toxique (SCT) et l’endométriose, maladie gynécologique qui touche 1 femme sur 10. Le 8 mars 2019, cette maladie avait d'ailleurs été l'objet de la mise en place d'un plan d'action lancé par la ministre de la Santé autour de quatre axes :

  • la détection précoce de l’endométriose chez les jeunes filles ;
  • l’accompagnement des femmes atteintes d’endométriose dans chaque région ;
  • l’information du grand public, des femmes et du personnel de santé ;
  • le renforcement et le soutien de la recherche sur cette maladie.