Après le pic de 2016, le nombre de grèves en recul en 2017

Une enquête de la DARES sur le suivi des grèves montre une moindre mobilisation en 2017 par rapport à 2016, année des mobilisations contre la loi Travail (dite "loi El Khomri"). La DARES souligne une concentration des mobilisations sur les questions de la rémunération et des conditions de travail.

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Ouvriers en grève dans l'industrie lourde
C'est dans les grandes entreprises que les mouvements de grève sont les plus nombreux © davit85. Stock.adobe.com

Avec 41% de journées de grève contre les lois Travail et 131 journées individuelles non travaillées pour 1 000 salariés, l’année 2016 avait connu un pic de mobilisations. En 2017, le niveau de suivi des mouvements de grève est revenu à ceux de 2011 et de 2015, selon l’enquête de la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES).

Une mobilisation plus importante dans les grandes entreprises

En pourcentage, les mouvements de grève restent plus importants dans les entreprises de grande taille où la représentation du personnel est plus forte. En 2017, 78% des entreprises ayant connu une grève comptent un délégué syndical (avec ou sans représentants élus) et parmi elles, 78% ont ouvert une négociation collective (contre 14% pour les entreprises n’ayant pas connu de grève).

En 2017, 317 journées individuelles non travaillées (JINT) ont été comptabilisées pour 1 000 salariés, contre 505 en 2016. Les ordonnances du 22 septembre 2017 portant sur la sécurisation des relations de travail ont mobilisé 8% du total des grévistes sur l’année et ont particulièrement affecté le secteur de l’industrie.

Rémunération et conditions de travail au cœur des préoccupations

Comme en 2016, les principaux motifs de grève en 2017 sont d’ordre national, sectoriel ou interprofessionnel.

Sur l’ensemble des deux années, le premier motif de grève reste la question des rémunérations (40% en 2017), suivi par la question des conditions de travail (26% en 2017) et l’emploi (14% en 2017).

Les entreprises qui ont connu une grève en 2017 sont deux fois plus nombreuses à signaler des revendications exclusivement externes.

Industrie, commerce et services, principaux secteurs concernés

L’industrie reste le secteur qui comptabilise le plus de mouvements de grève. En 2017, 3,8% des entreprises du secteur ont connu au moins une grève, plus souvent pour des motifs interprofessionnels qu’internes. Ce chiffre est en baisse de 0,8 point par rapport à 2016. 

Dans le secteur des services, ce sont l'enseignement, la santé et l'action sociale qui mobilisent le plus de grévistes (4,2% des entreprises ont connu au moins une grève en 2017). Mais c'est aussi le secteur qui enregistre le moins de journées individuelles non travaillées (33 JINT) après le secteur de la construction (12 JINT). 

C’est dans le secteur du commerce que les revendications sont le plus souvent internes à l'entreprise quand elles ont donné lieu à un arrêt de travail collectif. 

Parmi les entreprises ayant connu au moins une grève en 2017, 17,9% déclarent avoir eu recours à d'autres formes de mobilisation (pétitions, boycott, recours aux prud’hommes…). L'étude de la DARES constate cependant depuis deux ans une baisse de ces moyens de contestation.

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