Migrations africaines vers l’Europe : les données du rapport du PNUD

Plus de 80% des migrations africaines ont lieu en Afrique. Mais qui sont les Africains qui migrent vers l'Europe ? Quelles sont les motivations à leur départ ?

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Illustration représentant la carte de l'Europe et des silhouettes de familles marchant dessus.
En 2016, ce sont 4,28 millions de personnes qui ont immigré dans l'un des 28 États membres de l'Union européenne. © RVNW - stock.adobe.com

Une étude du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), "Au-delà des barrières : Voix de migrants africains irréguliers en Europe" s’intéresse aux migrants africains qui arrivent en Europe de manière irrégulière.

Le profil des migrants africains irréguliers vers l’Europe

L'étude du PNUD a été réalisée auprès de 1 970 migrants venus de 39 pays africains, arrivés de manière irrégulière et établis dans 13 pays européens.

L'âge moyen des migrants est de 24 ans, sans écart majeur entre les hommes et les femmes ; 77% des personnes interrogées sont des hommes, et 23% des femmes. 71% sont célibataires et 66% d’entre eux sans enfants. Ils viennent majoritairement des zones urbaines (85%).

24% d'entre eux ont terminé le cycle primaire et 43% le cycle secondaire ; 6% ont suivi une formation professionnelle et 8% ont fait des études supérieures. 58% des migrants interrogés avaient un emploi et la majorité d'entre eux avaient un salaire compétitif. Contrairement aux idées reçues, tous les migrants en situation irrégulière n'étaient pas "pauvres" en Afrique. 

Des raisons multiples au départ, un objectif : travailler et envoyer de l’argent

Les raisons de la migration sont rarement uniques.

L’étude souligne que la migration est une répercussion des progrès accomplis en Afrique sur le plan du développement. Les progrès sont trop lents pour répondre aux aspirations des migrants (manque de perspectives, qualité décevante des services dans le pays d’origine…). 

Les motivations économiques jouent un rôle fondamental dans la migration. Une fois en Europe, la grande majorité de ceux qui ont un revenu, soit 78%, envoient des fonds dans leur pays. 

Au moins 40% des personnes interrogées invoquent pour leur départ des raisons liées à la famille, à des problèmes personnels (mariages forcés, violences conjugales), le contexte de gouvernance.

Environ 93% des migrants interrogés ont connu le danger durant leur voyage, mais repartiraient, même conscients des obstacles.

Une fois arrivés en Europe, les aspirations des migrants se heurtent à des législations qui leur interdisent de travailler s'ils n'ont pas de papiers. Néanmoins, ils sont nombreux à trouver des emplois dans des professions peu qualifiées. Pour les auteurs du rapport, "cela indique un potentiel humain et de main-d'œuvre sous-utilisé". Malgré les politiques répressives, ils persistent à vouloir trouver une solution pour ne pas repartir sans rien au pays.