Métiers du grand âge : propositions pour un plan de mobilisation nationale

Pénibilité, effectifs insuffisants, rémunérations faibles, les métiers du grand âge et de l'autonomie sont peu attractifs. Pourtant, avec le vieillissement de la population, les besoins de personnels, notamment pour la prise en charge des personnes âgées dépendantes, sont croissants.

2 minutes
Personne âgée accompagnée d'une aide-soignante en balade dans un parc.
Pour augmenter l'attractivité de ces métiers, le rapport propose entre autres la suppression du concours d'aide-soignant. © beeboys - stock.adobe.com

Dans un rapport publié le 29 octobre 2019, Myriam El Khomri propose la mise en place d'un plan d'action courant sur cinq ans pour "relever le défi de l'attractivité des métiers du grand âge et de l'autonomie".

60 000 postes non pourvus

Les métiers du grand âge souffrent d'une faible attractivité. Par exemple, entre 2012 et 2017, une baisse de 25% du nombre de candidatures au concours d'aide-soignant a été enregistrée.

Le rapport évalue à 60 000 le nombre de postes non pourvus. Entre 2020 et 2024, environ 18 500 postes devraient être créés chaque année pour répondre aux besoins présents et futurs de prise en charge des personnes âgées en perte d'autonomie (dont le nombre devrait augmenter de 20% d'ici 2030).

Les métiers du grand âge sont également des métiers aux conditions de travail difficiles. Le taux d'accidents du travail et de maladies professionnelles (AT-MP) y est trois fois supérieur à la moyenne nationale. Par exemple, en 2017, il y a eu au total 19 000 accidents du travail des aides à domicile (+31% par rapport à 2013).

S'ajoute la faible rémunération de ces professions dont certaines conventions collectives prévoient des rémunérations inférieures au SMIC.

Des propositions pour rendre les métiers du grand âge attractifs

Les 59 propositions contenues dans le rapport visent cinq objectifs principaux :

  • revaloriser la rémunération ;
  • moderniser les offres de formation ;
  • diminuer les accidents du travail et les maladies professionnelles ("sinistralité") ;
  • développer l'innovation ;
  • garantir la mobilisation des acteurs.

Pour augmenter l'attractivité de ces métiers, le rapport propose notamment :

  • la suppression du concours d'aide-soignant ;
  • la gratuité systématique de la formation (hors frais d'inscription) et une inscription via Parcoursup pour la formation initiale ;
  • le lancement d'un programme national pluriannuel de lutte contre la sinistralité ;
  • la réévaluation des rémunérations au seuil du SMIC au plus tard le 1er janvier 2021, puis un seuil commun de conventions collectives devrait être étudié pour tendre vers de meilleures conditions de travail ;
  • l'organisation de temps collectifs minimums fixés à 4h par mois en EHPAD et pour les équipes à domicile afin d'assurer une prise en charge de qualité et donner du sens au travail des professionnels de santé.

Ce plan s'inscrit en complément du rapport Libault dans la préparation d'une réforme d'ampleur de la prise en compte du Grand âge et de l'autonomie.

 


Source : Ministère des Solidarités et de la Santé