IVG : 224 300 avortements en France en 2018

En 2018, 224 300 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été réalisées en France. Si ce chiffre reste relativement stable, la pratique de l’IVG a fortement évolué ces dernières années, selon une étude du ministère de la santé.

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Sigle de l'interruption volontaire de grossesse (IVG).
Les femmes de 20 à 29 ans sont celles qui ont le plus recours à l’avortement (27,3 femmes sur 1 000 en France). © Jérôme Rommé - stock.adobe.com

Une IVG pour environ trois naissances

Selon une étude du ministère de la santé (Drees), 224 300 IVG ont été pratiquées en 2018, contre 216 700 en 2017, soit une légère hausse de 3%.
Le nombre d’IVG reste plutôt stable depuis 2001, entre 215 000 et 230 000 chaque année.

La majorité de ces actes médicaux (209 500) a été réalisée en France métropolitaine. Mais si l’on prend en compte la population, le recours à l’IVG est plus important dans les départements et régions d’outre-mer, notamment pour les mineures. En 2018, on compte 27,8 IVG pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans dans ces territoires, contre 15 IVG en France métropolitaine. Le recours à l’IVG est également plus élevé en Île-de-France et dans le Sud (Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse).

Les femmes de 20 à 29 ans sont celles qui ont le plus recours à l’avortement (27,3 femmes sur 1 000 en France). Mais toutes les tranches d’âge sont concernées avec un taux en baisse chez les moins de 20 ans depuis 2010 et en hausse chez les 25-39 ans.

Un quart des IVG sont pratiquées hors de l’hôpital

En 2018, 55 800 IVG ont été pratiquées hors d’une structure hospitalière, soit 25% du total des IVG.

Depuis 2004, l’IVG médicamenteuse a été progressivement autorisée aux cabinets médicaux, aux centres de santé, aux plannings familiaux et, depuis juin 2016, aux sages-femmes. Le nombre des IVG instrumentales ne cesse de diminuer au profit des IVG médicamenteuses faites en ville. Ainsi, 69% des IVG ont été réalisées de façon médicamenteuse en 2018.

Près d’un tiers des IVG en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Île-de-France et à La Réunion ont été réalisées en cabinet libéral, alors que cette pratique ne concerne que 10% des IVG en Pays de la Loire. Ces disparités sont notamment liées au manque de professionnels de santé et de structures de soins dans certaines régions.

Fin septembre 2019, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé de premières mesures pour favoriser l’égalité d’accès à l’IVG partout en France. Des plans d’actions seront ciblés sur les zones en difficulté et l’attention sera portée sur la formation des professionnels et l’information des femmes. Un rapport global sur l’accès à l’IVG sera également remis au Parlement en janvier 2020.