Les emplois publics sont-ils bien répartis dans les territoires ?

Quelle est la répartition géographique des 5,8 millions d’emplois de services publics ? Y a-t-il des territoires sous-dotés et d’autres privilégiés ? Ces questions ont resurgi lors du Grand débat national et des récentes fermetures de services hospitaliers en province.

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L'emploi hospitalier contribue à résorber les écarts entre régions en nombre d'emplois publics © PlanetEarthPictures - stock.adobe.com

Dans une note publiée fin juin 2019, deux économistes de France Stratégie livrent leur analyse.

La cartographie des emplois publics

Les auteurs de la note différencient les "emplois locaux" des collectivités locales ou de l’État dédiés aux usagers de proximité (collèges, action sociale, voirie, etc.) des "emplois non locaux" destinés à l’ensemble de la population (directions centrales et locales des ministères, sièges des départements et régions, casernes, universités, préfectures, etc.).

3,4 millions d’agents sont recensés dans les "emplois locaux" et 1,3 million (1 emploi public sur 4) dans les "emplois non locaux". S’y ajoutent 1,1 million d’emplois hospitaliers, considérés comme locaux et non locaux.

Le taux d’administration (nombre d’emplois publics pour 100 habitants) est de 8,8. Toutefois ce taux n’est pas uniforme. Il va de 10 en Île-de-France à 7,5 dans les Pays-de-la-Loire. Cet écart s’explique avant tout par l’importance inégale des emplois publics non locaux dans les zones d’emploi. La répartition des emplois locaux est plus homogène. Quant à l’emploi hospitalier, il contribue à résorber les écarts. Il est plus élevé dans les régions sous-administrées.

Un taux d’administration contrasté selon les zones d’emploi

Globalement, le taux d’administration est plus important dans les grandes agglomérations et les grandes métropoles. Il est intermédiaire dans les zones urbaines moyennes et plus faible en zone rurale.

Toutefois, ce constat n’est pas toujours vérifié. Certains territoires ruraux sont mieux dotés en emplois publics que la moyenne des grandes métropoles, par exemple la Lozère. Il en est de même pour 25% des zones d’emplois des villes de 100 000 à 500 000 habitants, comme Limoges, et pour 10% des zones de moins de 100 000 habitants.

Un autre paramètre entre en ligne de compte : le dynamisme économique. Là où il y a plus de chômage et moins de potentiel financier, les emplois publics sont moins nombreux.

Pour les auteurs, la politique de relocalisation devrait concerner les emplois de l’État situés en Île-de-France et dans les grandes métropoles bien pourvues en emplois publics. Le nord et l’ouest du pourtour méditerranéen, sous-administrés, devraient prioritairement bénéficier de cette réallocation, au fil des départs en retraite (30% des agents seront retraités dans dix ans) et grâce aux opportunités liées à l’e-administration.