Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l'action et des comptes publics, à Sud Radio le 9 mars 2020, sur l'épidémie de COVID-19, la parité et la réforme des retraites.

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CECILE  DE MENIBUS
Le petit-déjeuner politique d'Olivier DUSSOPT ce matin, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics.

PATRICK ROGER
Bonjour Olivier DUSSOPT.

OLIVIER DUSSOPT
Bonjour.

PATRICK ROGER
En France désormais, les rassemblements de plus de mille personnes sont interdits. Pourquoi nous n'en sommes pas encore au stade 3 en fait aujourd'hui ? Parce qu'on l'évoquait beaucoup ce week-end.

OLIVIER DUSSOPT
Toutes les décisions qui sont prises par le gouvernement, par le ministre de la Santé en particulier, sont des décisions qui sont prises sur des avis médicaux. Comme le dit Olivier VERAN, derrière chaque décision il y a des blouses blanches qui regardent, qui expertisent évidemment. La propagation du virus, le nombre de personnes touchées par le virus, testées positivement, s'il y a des foyers qui se déclarent dans des endroits localisés ou si c'est une épidémie généralisée. Et donc les décisions que le gouvernement prend, et notamment l'éventuelle décision de passer au stade 3, dépendent uniquement de ces avis médicaux.

PATRICK ROGER
Alors ce stade 3, on devrait y passer probablement dans la semaine. On parle de demain, mercredi.

OLIVIER DUSSOPT
Je ne sais pas dire à quel moment la France passera au stade 3 puisque personne ne connaît suffisamment à l'avance évidemment l'évolution de l'épidémie pour pouvoir donner une date ou anticiper une date. Ce qui apparaît à peu près inéluctable, c'est qu'à un moment ou à un autre, nous serons au stade 3, ce qui signifiera que le virus est présent sur la quasi-totalité du territoire, qu'il circule, qu'il y a des personnes qui sont touchées en nombre important avec un système hospitalier, un système médical qui est armé pour répondre et qui adaptera sa réponse.

PATRICK ROGER
En fait, c'est surtout ça. Ça concerne le stade 3 surtout donc les hôpitaux pour que tout soit prêt pour…

OLIVIER DUSSOPT
Mais au-delà la vraie différence si on peut le dire comme ça, c'est qu'au stade 2 l'objectif majeur, premier, est de ralentir la propagation du virus. Faire en sorte qu'il reste confiné dans certains territoires où il est déjà présent et moins il y a de territoires, mieux c'est. Faire en sorte d'éviter et de diminuer très fortement le risque non seulement de contagion mais surtout…

PATRICK ROGER
D'où l'interdiction des rassemblements.

OLIVIER DUSSOPT
Des rassemblements et surtout le risque d'implantation, en tout cas de présence du virus dans des territoires qui ne seraient pas concernées.

PATRICK ROGER
Oui mais alors ce qui peut sembler contradictoire, c'est qu'il n'y a aucune restriction pour les transports. Pour les trains, les métros, les avions, il y a du monde toujours.

OLIVIER DUSSOPT
Il y a plusieurs raisons à cela. La première des raisons, c'est que nous devons continuer à vivre. L'activité doit continuer, l'activité sociale, l'activité économique et donc il faut que les uns et les autres puissent se déplacer, à l'exception des zones les plus touchées où il y a des mesures de confinement et de d'interdiction de rassemblement encore plus strictes. Je pense notamment au département du Haut-Rhin ou au département de l'Oise. Et puis il y a la volonté aussi de permettre à notre activité de se maintenir, de perdurer parce que ça compte aussi dans une période comme celle que nous vivons et qui peut durer, le président de la République l'a dit, plusieurs semaines.

PATRICK ROGER
Oui, plusieurs semaines. Alors vous êtes en charge de la Fonction publique. Quelles sont les consignes qui sont données dans les services publics ?

OLIVIER DUSSOPT
Ce sont les mêmes consignes que pour les Français dans leur ensemble. Il y a des consignes de prévention avec les gestes barrières qu'il faut systématiquement rappeler : ne pas embrasser, ne pas serrer la main, garder une distance d'un mètre entre les uns et les autres pour éviter les contagions.

PATRICK ROGER
Oui. C'est ça qui n'est pas forcément toujours évident. Quand on reçoit en fait du public et quelqu'un s'assoit à la table…

OLIVIER DUSSOPT
Oui, il faut faire attention à cela. Il faut aussi être particulièrement vigilant et vérifier si telle ou telle personne, en tout cas que les personnes vérifient si elles voient apparaître des symptômes. Et puis nous avons donné des consignes plus particulières à la Fonction publique, comme dans le secteur privé d'ailleurs, non pas en termes de prévention de la contagion mais en termes d'accompagnement de celles et ceux qui sont soit confinés par mesure de précaution, soit malades. C'est notamment le cas pour la question du confinement.

PATRICK ROGER
Oui, c'est ça. Vous avez beaucoup de cas concernés dans le secteur de la Fonction publique ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous avons le même pourcentage de cas qu'ailleurs. Il n'y a pas de particularité à la Fonction publique.

PATRICK ROGER
Oui, c'est ça. Ça représente à peu combien de personnes ? Vous avez une idée ou pas ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous traitons cela avec des autorisations spéciales d'absence pour que les personnes ne soient pas pénalisées y compris économiquement. Nous faisons en sorte aussi d'organiser le fonctionnement des services, de faciliter le télétravail, de faciliter aussi la garde d'enfant pour celles et ceux de nos agents comme des salariés du secteur privé dont les enfants ne peuvent pas fréquenter l'école dans les zones les plus touchées. Et nous faisons tout simplement en sorte que si l'épidémie devait être plus importante, si le nombre d'agents publics concernés et touchés devait être plus important, de garantir la continuité des services. Et dans chaque ministère, dans chaque administration, il y a des plans de continuité des services qui permettent d'assurer un fonctionnement minimal.

PATRICK ROGER
C'est-à-dire ? C'est quoi ? C'est-à-dire qu'on tourne un petit peu, il y a moins de monde mais toujours un service assuré, une mobilisation forte quoi ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est ça, c'est ça.

PATRICK ROGER
C'est là, dans les moments de crise, qu'on attend beaucoup les services publics.

OLIVIER DUSSOPT
Exactement. Mais c'est dans chaque ministère et dans chaque camp d'administration qu'il existe ces plans-là. Un pour ce virus mais de manière générale. Ça peut être le cas en période d'inondation puisque cela avait été le cas il y a deux ans avec une crue de la Seine qui était importante. Les ministères sont organisés pour savoir déterminer quelles sont les fonctions stratégiques qui doivent être à tout prix maintenues.

PATRICK ROGER
Est-ce qu'il peut y avoir des réquisitions ?

OLIVIER DUSSOPT
Bien sûr. Mais le service public en général travaille sur la base de la nécessité de service. Et donc nous n'en sommes évidemment pas là mais le service public doit fonctionner et doit avoir un fonctionnement minimal. C'est le fonctionnement l'Etat.

PATRICK ROGER
Et s'il y a de des demandes de droit de retrait.

OLIVIER DUSSOPT
Aujourd'hui le droit de retrait est encadré de manière extrêmement particulière. Il y a des textes qui ont été rappelés, qui ont été précisés, et nous sommes à un stade où lorsque l'employeur s'assure et garantit le fait que toutes les précautions et toutes les préconisations du Ministère de la Santé et des experts médicaux sont suivis, il n'est pas question de droit de retrait au sens du droit puisque l'employeur a pris les précautions nécessaires et que le droit de retrait se caractérise par le fait qu'un agent peut le faire valoir, lorsqu'il est exposé à un danger extrêmement grave voire létale de manière rapide et impossible à empêcher.

PATRICK ROGER
Oui. Mais il y a des demandes et donc ça, vous avez des discussions en cours ?

OLIVIER DUSSOPT
Il y a des interrogations, c'est normal. Nous sommes dans une période qui d'abord est propice aux interrogations et c'est tout à fait logique que les agents publics puissent avoir les mêmes inquiétudes que les autres Français.

PATRICK ROGER
Donc vous nous assurez ce matin que malgré le stade 3, il y aura des services publics qui vont assurer le minimum.

OLIVIER DUSSOPT
Nous ne sommes pas encore au stade 3 et je l'ai rappelé.

PATRICK ROGER
Non, non, bien sûr.

OLIVIER DUSSOPT
Mais ce que je peux garantir et ce que nous garantissons avec l'ensemble de mes collègues membres du gouvernement, c'est que nous avons des organisations qui sont prévues pour garantir le fonctionnement de l'Etat.

PATRICK ROGER
Oui. Et le personnel de la Fonction publique hospitalière qui va voir ses heures supplémentaires déplafonner…

OLIVIER DUSSOPT
Oui.

PATRICK ROGER
Comment ça va se traduire ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est une des mesures qui permet de mobiliser le personnel hospitalier. Evidemment il y a des limites humaines à tout ça. Nous ne pouvons mobiliser les mêmes personnes en permanence.

PATRICK ROGER
Oui. C'est plafonné d'ailleurs quoi qu'il en soit ou pas ? Après plafonner dans les heures supplémentaires, non ?

OLIVIER DUSSOPT
Aujourd'hui, nous avons un plafond et certains agents hospitaliers peuvent soit par nécessité de service, soit parce qu'ils sont volontaires, avoir besoin de passer ce plafond de manière exceptionnelle. C'est ce que permet la décision d'Olivier VERAN. Une fois que c'est déplafonné, il n'y a pas de plafond au-dessus des déplafonnements. Mais ça relève de l'organisation et des limites humaines.

PATRICK ROGER
Les municipales auront bien lieu ?

OLIVIER DUSSOPT
Les municipales sont prévues dimanche prochain et le dimanche d'après et, à ce stade, rien ne nous amène à les annuler ou à les reporter. Il faut être vigilant, il faut être prudent mais c'est un moment démocratique qui est important et auquel nous tenons tous.

PATRICK ROGER
Ç'aura forcément un impact ou pas ? On sait que les personnes âgées qui sont directement concernées par l'inquiétude du coronavirus pourraient peut-être moins se déplacer, non ?

OLIVIER DUSSOPT
Je pense qu'on peut aussi les rassurer en invitant les électeurs le jour du vote à respecter les gestes barrières, les consignes de prévention. Toujours les mêmes : ne pas se serrer la main, ne pas embrasser. Quand on va voter généralement…

PATRICK ROGER
Oui mais alors quand il va y avoir le dépouillement, puisque donc les lettres…

OLIVIER DUSSOPT
Les… concernent essentiellement les assesseurs mais les communes prennent leurs dispositions, y compris pour que ceux-ci puissent avoir des…

PATRICK ROGER
C'est-à-dire c'est quoi ? Des gants, des choses comme ça ?

OLIVIER DUSSOPT
Du gel hydroalcoolique, des gants selon l'organisation retenue par chacune des communes.

PATRICK ROGER
Oui. Juste un mot c'était la journée de la femme.

OLIVIER DUSSOPT
La journée des femmes.

PATRICK ROGER
Journée des femmes absolument.

OLIVIER DUSSOPT
Internationale des droits des femmes.

PATRICK ROGER
Oui. Conseil de défense en fait hier soir. Il y a une photo qui tourne beaucoup sur les réseaux sociaux : il n'y avait que deux femmes et une douzaine d'hommes. Manifestement le seuil de la parité s'arrête au pouvoir.

OLIVIER DUSSOPT
Le seuil de la parité ne s'arrête pas au pouvoir. Nous avons un gouvernement qui est à, je crois, une unité près paritaire. Je peux vous assurer que dans ce conseil des ministres…

PATRICK ROGER
Alors pourquoi il n'y avait pas beaucoup de femmes en fait hier soir ?

OLIVIER DUSSOPT
Parce que les fonctions d'hier peut-être ont cette conséquence et c'est certainement regrettable en termes de parité pour cette réunion. Mais les conseils des ministres nomment de plus en plus de manière paritaire et en charge de la Fonction publique, je peux vous assurer que nous nous battons tous les jours pour que les objectifs qui avaient été fixés en 2012 et que j'ai renforcés par un accord en 2018 et par la loi en 2019, soient tenus. Parmi ces objectifs, il y a le fait d'avoir au minimum 40% de femmes, ou en tout cas 40 % de personnes nommées d'un même sexe sur des postes définis. J'ai élargi cette liste d'emplois faisant l'objet d'une obligation de nomination équilibrée et nous sommes allés plus loin. Pardon si c'est un peu technique mais j'ai mis dans la loi le fait que les promotions au choix, les avancements au choix soient répartis entre les hommes et les femmes en fonction de la répartition femmes-hommes des services concernés.

PATRICK ROGER
On va en reparler peut-être dans un instant avec Cécile de MENIBUS aussi. Vous avez lancé votre mouvement avec Jean-Yves LE DRIAN baptisé Territoires de progrès. Grosso modo, c'est un peu la gauche de la macronie que vous voulez rassembler, c'est ça ?

OLIVIER DUSSOPT
Vous pouvez le synthétiser comme ça. Ce sont des hommes et des femmes de gauche qui veulent participer à la majorité présidentielle, veulent participer à la réussite du quinquennat.

PATRICK ROGER
Voilà. Et couper les ailes du PS, de la gauche quoi.

OLIVIER DUSSOPT
Veulent faire avec une liberté de ton et avec une autonomie. C'est la raison pour laquelle ces hommes et ces femmes, pour l'immense majorité d'entre eux, n'avaient pas rejoint La République en Marche mais ils veulent rejoindre ou ils ont rejoint la majorité présidentielle.

PATRICK ROGER
Mais ce n'est pas bien, ça, vis-à-vis de la gauche, non ? Du PS ?

OLIVIER DUSSOPT
Je crois au contraire que c'est très bien.

PATRICK ROGER
Ah bon ?

OLIVIER DUSSOPT
Je crois que c'est très bien parce que nous avons dans notre pays énormément d'hommes et de femmes qui sont des socio-démocrates, qui sont des progressistes, qui veulent participer à la réussite du quinquennat. Qui se retrouvent parfois avec des nuances, parfois avec quelques différences mais qui se retrouvent dans l'action conduite par le gouvernement et par le président de la République et qui souhaitent simplement soutenir plutôt que s'enfermer dans une posture d'opposition stérile.

PATRICK ROGER
Oui. Olivier DUSSOPT, il nous reste quelques instants. Vous avez mené en douceur, sans faire trop de bruit, votre réforme de la Fonction publique. Alors il y a moins de suppressions de postes que prévu. Onze mille.

OLIVIER DUSSOPT
C'est le cas. Nous tenons compte des engagements pris par le président de la République, notamment sur les non-fermetures d'écoles et les non fermetures d'hôpitaux à l'occasion du Grand débat.

PATRICK ROGER
Onze mille, c'est ça l'objectif ? Vous en êtes où à peu près ?

OLIVIER DUSSOPT
L'objectif, onze mille pour l'Etat. Nous y arriverons. La programmation pluriannuelle est ainsi prévue et puis nous savons que les collectivités locales…

PATRICK ROGER
Oui. C'est pour quand alors ? C'est prévu pour quand ?

OLIVIER DUSSOPT
Pour fin 2022, la fin du quinquennat, nous l'avons toujours dit.

PATRICK ROGER
Et fin 2022, diminution de soixante-dix mille postes dans la Fonction publique territoriale.

OLIVIER DUSSOPT
C'est la pente qui est actuellement suivie par les collectivités puisque les collectivités locales font des efforts de maîtrise de leurs dépenses de fonctionnement, et ça se traduit par des non-renouvellements ou des non-remplacements de départs à la retraite.

PATRICK ROGER
Oui. La réforme des retraites justement, à partir de quand les cotisations des fonctionnaires vont être harmonisées aussi avec le privé ? Alignées ?

OLIVIER DUSSOPT
Vous me dites à partir de quand…

PATRICK ROGER
Oui.

OLIVIER DUSSOPT
Il aurait fallu le dire au passé puisque la réalité… Non mais laissez-moi…

PATRICK ROGER
Oui, oui, oui.

OLIVIER DUSSOPT
La réalité, c'est que les agents publics avaient un taux de cotisation inférieur à celui du privé. C'est en 2010 que le gouvernement Fillon a pris la décision d'harmoniser, ç'a été renforcé en 2012, fin 2012 par Jean-Marc AYRAULT et Michel SAPIN. Et donc au 1er janvier 2021, le taux de cotisation des agents publics sera le même que le taux de cotisation des agents privés puisque depuis dix ans, ils voient leur taux augmenter tous les 1er janvier sans bruit là aussi. Mais depuis dix ans, les fonctionnaires payent un peu plus chaque mois de janvier pour leur retraite.

PATRICK ROGER
Bon. Le mot de la fin avec Cécile de MENIBUS, Olivier DUSSOPT.

CECILE DE MENIBUS
Je vais justement revenir sur cette journée du 8 mars. Vous l'avez dit, la Fonction publique aujourd'hui c'est 62% de femmes parmi les agents mais le bémol finalement, c'est les inégalités de salaire. 12% entre les hommes et les femmes et une étude de l'INSEE explique que finalement le frein majeur serait la maternité. Est-ce qu'il y a des objectifs justement ?

OLIVIER DUSSOPT
Alors vous avez raison. C'est 12,5% d'inégalités contre 19 dans le privé mais ça n'est pas satisfaisant. Dans la loi de transformation de la Fonction publique du 6 août dernier, j'ai mis quelques nouvelles mesures. Le fait que nous n'appliquons pas le jour de carence aux femmes enceintes mais surtout un point qui est important : le fait d'annuler l'impact du congé parental sur la carrière. Puisque quand vous prenez un congé parental, quand vous preniez un congé parental dans la Fonction publique, pendant trois ans le rythme d'avancement de votre carrière était ralenti. Et à formation égale, concours égal, la différence entre une femme et son mari - souvent c'est la femme qui prend le congé parental dans 95 % des cas - ça se traduisait par un ralentissement de carrière et des échelons moins facilement franchi. Et donc j'ai mis dans la loi le fait qu'on neutralise l'impact du congé parental sur la carrière parce que c'est effectivement une des deux raisons principales de la différence. La deuxième, c'est l'accès aux responsabilités et c'est aussi pour ça que j'ai renforcé les obligations en matière de parité des nominations sur les postes de direction.

CECILE DE MENIBUS
Merci beaucoup.

PATRICK ROGER
Merci Olivier DUSSOPT, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics.

OLIVIER DUSSOPT
Merci à vous.

PATRICK ROGER
On ne se sert pas la main évidemment.

CECILE DE MENIBUS
On ne s'embrasse pas non plus.

PATRICK ROGER
C'est ce que vous faites au bureau ?

OLIVIER DUSSOPT
On respecte les consignes.

PATRICK ROGER
Vous shakez comment ? Avec les pieds ?

OLIVIER DUSSOPT
Vous savez, on se dit bonjour en se souriant. C'est tout aussi poli.

PATRICK ROGER
C'est vrai. Parfois on ne se sourit pas, donc ça veut dire qu'il y a un autre problème.

CECILE DE MENIBUS
C'est le retour du sourire, c'est bien.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 mars 2020