Interview de M. Christophe Castaner, ministre de l'intérieur, à RTL le 11 février 2020, sur la lutte contre les trafics de drogue, l'augmentation des faits de violence, les djihadistes et le communautarisme.

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ALBA VENTURA
Bonjour Christophe CASTANER.

CHRISTOPHE CASTANER
Bonjour.

ALBA VENTURA
C'est donc aujourd'hui que vous installez l'office anti-stupéfiant, l'OFAST, pour mieux lutter contre les trafics de drogues. Mais alors, ça fait quand même des décennies qu'on chercher à lutter contre le trafic, contre les réseaux, ça sort par la porte, ça rentre par la fenêtre ; on trouve des dealers partout, devant les lycées, maintenant, les chauffeurs Uber qui livrent avec l'Uber shit ou l'Uber coke, c'est comme on veut. Et derrière tout ça, il y a de gros réseaux. Qu'est-ce qui ferait, Christophe CASTANER, que ce nouvel outil – l'OFAST – viendrait lutter drastiquement contre le trafic de drogues ?

CHRISTOPHE CASTANER
D'abord, un mot global sur ce fléau mondial, vous avez raison, 168.000 morts chaque année du fait de la drogue et des abus de la drogue. Et en France, c'est un marché d'environ 3,2 milliards d'euros. Vous vous rendez compte, la dimension dans laquelle nous sommes, mais vous avez raison, il y a aujourd'hui des quartiers entiers qui sont sous la main mise des trafiquants, parce que c'est une économie qui s'est organisée et que, quelquefois, le fait d'être celui qui donne l'alerte, pour utiliser un mot que chacun comprendra, c'est la seule rémunération du foyer, et donc il nous faut lutter activement sur ce sujet. Alors il y a des outils, mais depuis 66 ans, nous n'avions pas changé la forme de l'outil et l'engagement de nos forces sur ces sujets ; c'est la raison pour laquelle, avec Laurent NUNEZ, on a créé l'OFAST, et surtout, on a changé la méthode, on lance un plan d'action, 55 mesures, qui vont de la communication, du renseignement, jusqu'à l'action. On structure au niveau national et on construit autour du décloisonnement entre toutes les forces et du renseignement, un seul exemple, dans cet OFAST…

ALBA VENTURA
Toutes les forces, c'est, police, gendarmerie, douanes…

CHRISTOPHE CASTANER
Et au-delà. En fait, la vraie nouveauté, c'est que justement nous travaillons avec à la tête de cet OFAST une jeune femme commissaire de police, et puis, un procureur qui est avec elle, c'est la première fois où dans une institution du ministère de l'Intérieur, nous mettons un magistrat présent, et puis, ensuite, vous aurez un gendarme, vous aurez un douanier, vous aurez un policier, et au fond, l'idée, c'est d'être totalement décloisonné pour lutter à tous les niveaux, je prends un petit exemple, les saisies. Aujourd'hui, les saisies liées au trafic de drogues, c'est 10 % de l'ensemble des saisies, eh bien, compte tenu du volume du marché, ces 3,2 milliards dont je vous parlais, je pense qu'il faut frapper au portefeuille et frapper fort.

ALBA VENTURA
Il y a eu beaucoup de saisines d'ailleurs en 2019, c'est encore une année record ?

CHRISTOPHE CASTANER
Alors, il y a les saisies en volume de ce que nous prenons, par exemple, rien qu'au mois de janvier, c'est plus d'une tonne et demie de cocaïne que nous avons interceptée, mais les saisies dont je parle, c'est aussi les saisies financières, le fait que les trafiquants de drogues sont propriétaires de restaurants, d'immeubles, de grosses voitures, de maisons, c'est là aussi où on va les frapper.

ALBA VENTURA
Mais pardon, Christophe CASTANER, il existe les GIR, les Groupes d'Intervention Régionaux, police, gendarmerie, douanes, URSSAF, tout ça au niveau régional, ça ne fait pas un peu doublon ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, parce qu'ils ne sont pas spécialisés sur la question de la lutte contre le trafic de drogues à tous les niveaux, en réalité, ce que je souhaite, ce n'est pas qu'on fasse de l'interpellation ou du volume justement de produits interpellés, mais qu'on puisse mener l'enquête sur la globalité de la chaîne, c'est-à-dire de l'international jusqu'à la cage d'escaliers, et qu'on mène un combat inlassable de la cage d'escaliers, mais en faisant tomber toute la filière…

ALBA VENTURA
Vous savez ce que disent les stups dans cette lutte-là, vous ne faites que vider la mer avec une petite cuillère, ils ont raison, chaque fois qu'un réseau est démantelé, un autre prend sa place, il y a comme une fatalité finalement.

ALBA VENTURA
Oui, mais on peut être un Sisyphe heureux, pour faire un peu de littérature sur ce sujet. Ce que je veux dire à travers cela, c'est qu'on doit se battre sans cesse contre ce mal, on ne doit pas constater ce mal et baisser les bras, non, on doit le faire, et donc on change de méthode, on amplifie, on travaille sur des cellules départementales, il y en a 39 aujourd'hui qui sont déjà opérationnelles. J'installerai l'OFAST tout à l'heure. A la fin de cette année, ce seront 103 cellules, qui seront départementales, qui se seront actives, et donc c'est un nouveau regard, mais c'est l'idée de faire de ce combat une priorité, parce que ça bousille des vies et ça bousille des familles, ça bousille un écosystème, ça bousille des territoires.

ALBA VENTURA
Et le trafic de drogues s'ajoute aux autres faits de violences, la violence explose en France, vous avez d'ailleurs été piqué au vif par les accusations de Xavier BERTRAND qui dit que votre politique sécuritaire est un fiasco, mais pourtant, les homicides sont en hausse, la délinquance a fortement augmenté, il n'a pas tout à fait tort, Xavier BERTRAND ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, il y a la violence qui a augmenté, dont on constate son augmentation, la délinquance, non, je vous corrige légèrement, parce que les vols à main armée, les vols violents, les cambriolages sont en baisse, et sont en baisse significative. Mais il y a effectivement des formes de violences, et notamment les violences infra-familiales…

ALBA VENTURA
Plus dures…

CHRISTOPHE CASTANER
Peut-être plus dures, d'abord, mais il y a aussi cette forte augmentation que nous connaissons sur les atteintes aux personnes qui sont liées aux violences intrafamiliales. Est-ce que c'est une bonne nouvelle ? La réponse est non. Et je ne veux pas dire que les statistiques sont bonnes, mais ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui, on porte plus plainte sur les viols, sur les violences faites aux femmes au sein du couple, et sur globalement les violences intrafamiliales. Donc oui, les statistiques augmentent, mais n'ayons pas…

ALBA VENTURA
Mais il n'y a pas que dans les familles, Christophe CASTANER…

CHRISTOPHE CASTANER
Mais c'est la moitié…

ALBA VENTURA
Il y a une violence dans la rue. Et de plus en plus de gens aussi qui règlent leurs comptes entre eux.

CHRISTOPHE CASTANER
Alors ça, moi, je ne crois pas que la société devienne violente comme ça, quand on regarde la réalité statistique…

ALBA VENTURA
C'est une lubie cette société qui est éruptive ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais quand on regarde globalement sur le long terme, la violence du quotidien, on s'aperçoit que le nombre d'homicides a plus que diminué par 2 sur 15 ans référencés, et le sentiment d'insécurité des Français…

ALBA VENTURA
Ce n'est pas ce que dit le service statistique de votre ministère ou l'Institut pour la justice, le nombre d'homicides a augmenté.

CHRISTOPHE CASTANER
Alors, le service statistiques…, non, sur la dernière année, mais sur 10, 15 ans, il a baissé, et toutes les statistiques le montrent, sachant qu'en plus, aujourd'hui, on a des chiffres qui sont vrais, qui sont sincères, depuis 2014, ce n'est pas moi qui les ai mis en place. Avant, on jouait avec la statistique, et c'est la raison pour laquelle, moi, je ne crois pas à la culture du chiffre, mais cet indicateur qu'il ne faut pas jeter, c'est un thermomètre, il ne faut pas casser le thermomètre, mais attention au fait qu'on ne peut pas dire que la société devient violente comme ça, tous les indicateurs montrent que notre société sait aussi réguler, apaiser la situation, mais toute violence est inacceptable, et nous devons rester mobilisés.

ALBA VENTURA
Monsieur le Ministre, la Commission parlementaire sur l'attentat de la préfecture de police de Paris a fait un point d'étape mercredi, vous allez être auditionné bientôt, le 4 mars prochain, je rappelle que cette attaque a fait 4 morts à la préfecture de police, tués par un agent informatique radicalisé. La Commission a pointé des failles, des failles, il en existe d'autres. J'ai deux questions très précises, Monsieur le Ministre, comment se fait-il qu'un djihadiste syrien recherché pour crimes de guerre se retrouve avec un visa étudiant de 3 mois pour étudier à la fac d'Aix-Marseille, visa délivré par le consulat de France à Istanbul ?

CHRISTOPHE CASTANER
Parce qu'au moment où il a demandé son visa, il n'était pas enregistré dans aucun fichier dont nous avons connaissance comme un criminel de guerre…

ALBA VENTURA
Il était poursuivi pour crimes de guerre…

CHRISTOPHE CASTANER
Il n'était présent dans aucun fichier en France. Non, mais attendez, ce n'est pas la France qui le poursuivait pour crimes de guerre, c'est un pays étranger qui n'avait pas communiqué cette information. Par contre, dès que l'information a été communiquée, deux mois plus tard, nous l'avons immédiatement retrouvé, neutralisé, interpellé, et il est en prison en France.

ALBA VENTURA
Et en deux mois, il a fait quoi, il a contacté des gens, il a installé un groupe…

CHRISTOPHE CASTANER
Non, là, nous sommes en enquête, attention, ne confondez pas terrorisme et des crimes de guerre, c'est deux choses qui sont différentes.

ALBA VENTURA
Il vient de Syrie, pardon, un djihadiste syrien…

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais c'est deux choses qui sont différentes, et a priori, de ce que je sais de l'enquête, mais l'enquête se déroule, il n'y a aucun élément qui montre qu'il était venu pour construire un réseau en France, mais dès que nous avons eu l'information, nous l'avons retrouvé, nous l'avons interpellé.

ALBA VENTURA
Et comment se fait-il que dans le réseau de terroriste démantelé à Brest, il y a trois semaines, on trouve un réfugié syrien ? Est-ce que ça veut dire, ces deux exemples, que la France est une passoire, qu'on peut entrer…

CHRISTOPHE CASTANER
Attendez, ce qui est extraordinaire, c'est que vous m'interrogez en me disant : la France est une passoire, à partir d'exemples de gens qui ne sont pas passés à l'acte et que nous avons arrêtés avant. La réalité…

ALBA VENTURA
Mais ils sont entrés en France…

CHRISTOPHE CASTANER
Ah, non, et certains étaient déjà en France, sur les huit, sept étaient déjà en France. Et le huitième aurait un statut de réfugié…

ALBA VENTURA
Je ne vous accuse pas, je veux savoir où sont les failles…

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais, je trouve que vous prenez de bons exemples, c'est-à-dire de bons exemples où, en amont, avant tout risque, nos services sont intervenus et ont neutralisé le risque. Depuis 2013, 61 d'attentats ont été déjoués dans notre pays, chaque jour, chaque nuit, nos services sont hyper mobilisés sur le sujet, et en particulier du fait du "chef de file" et des moyens nouveaux que le président de la République a accordés à la DGSI dans notre pays ; ils sont d'une redoutable efficacité. Est-ce que je vous dis : il n'y aura plus d'attentats en France ? Ce serait vous mentir. Et donc je ne le ferai pas, parce que je ne joue pas sur cela. Mais une chose est sûre, c'est qu'ils sont omniprésents et que nous avons fortement progressé sur ce sujet-là.

ALBA VENTURA
Christophe CASTANER, est-ce que vous pouvez me donner la définition du mot séparatisme, parce qu'il paraît que c'est le nouveau mot que l'Elysée a trouvé à la place de communautarisme ?

CHRISTOPHE CASTANER
Mais, moi, je ne commente pas les commentaires, le président de la République s'exprimera dans quelque temps sur ce sujet, je peux vous parler du fléau de l'islamisme, du communautarisme ou du séparatisme…

ALBA VENTURA
Ah, c'est bien ça, c'est bien de ça qu'il s'agit…

CHRISTOPHE CASTANER
Non, parce qu'il y a trois mots qui sont différents, et donc je vous dis : je peux vous en parler. Mais je ne suis pas là pour commenter ce que des journalistes ont entendu de la bouche du président de la République.

ALBA VENTURA
Mais séparatisme, le président l'avait plus ou moins dit…

CHRISTOPHE CASTANER
Bien sûr, il l'a dit dans un avion en discutant avec des ministres…

ALBA VENTURA
Exactement…

CHRISTOPHE CASTANER
Il y a quelque temps dans un déplacement, mais le séparatisme, c'est quoi, c'est des gens qui considèrent qu'on peut mettre en place sur des territoires un système qui se construit à côté, voire contre les valeurs de la République, et ce n'est pas un phénomène nouveau, mais c'est un phénomène qui s'aggrave, c'est un phénomène contre lequel nous luttons. Au mois de novembre, j'ai réuni l'ensemble des préfets de ce pays pour lancer un plan d'action massif contre le séparatisme, contre l'islamisme, pour faire en sorte que nous puissions lutter contre cela pied à pied. Et c'est ce que nous faisons, et c'est ce que nous faisons activement à partir d'une politique que nous mettrons en place dans 15 quartiers identifiés comme des quartiers censés avoir été là où on a le plus grand nombre de jeunes qui sont partis à partir de 2013 faire le djihad en Syrie ou en Irak. Et nous menons une politique d'entrave massive qui porte ses fruits. Eh bien, c'est cette politique-là que nous avons menée pendant 18 mois dans ces 15 quartiers, que j'ai demandé aux préfets d'étendre sur l'ensemble du territoire national et qui porte ses fruits. Nous fermons des lieux de culte…

ALBA VENTURA
Des mosquées…

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, 15 par exemple, nous avons fermé 12 établissements cultuels culturels, nous avons fermé 4 écoles, mais aussi des commerces, des débits de boissons, nous en avons fermé 152 dans ces seuls 15 quartiers. Nous menons une politique d'entrave où on frappe avec tous les moyens juridiques dont on a la capacité de les utiliser, pour justement faire reculer ceux qui pensent que la République n'a pas sa place dans ces quartiers.

ALBA VENTURA
La critique qui est portée, c'est le rétablissement de l'ordre républicain, c'est cette critique qui est portée…

CHRISTOPHE CASTANER
Eh bien, j'espère que ce n'est pas une critique, j'espère que c'est une ambition que nous partageons tous. Celle justement de faire que dans ces quartiers, il n'y ait pas un mètre carré où la République recule. Moi, c'est le combat que je mène tous les jours et que mènent les forces…

ALBA VENTURA
Et ce n'est pas un combat perdu d'avance dans certains quartiers ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, je ne crois pas, parce que sinon, il faut qu'on change tous de métier, voire de pays, non, moi, je reste optimiste, je pense qu'il y a des combats à mener, nous les menons. Et donc je ne me résignerai jamais à penser que la République, la loi de la République recule, que l'égalité entre les femmes et les hommes devrait être oubliée dans certains quartiers par exemple.

ALBA VENTURA
Vous ne regrettez pas de ne pas avoir saisi la main tendue par Jean-Louis BORLOO et son "plan banlieue " ?

CHRISTOPHE CASTANER
Eh bien, si je prends le "plan banlieue" de Jean-Louis BORLOO, je n'ai pas le souvenir par exemple qu'il ait traité de la question de la place de l'islamisme et du communautarisme dans son rapport.

ALBA VENTURA
Vous ne le regrettez pas donc ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais vu que c'est un sujet sur lequel nous discutons, nous voyons que, à l'époque où il était ministre, ce sujet n'était pas au même niveau de risque qu'aujourd'hui, ensuite, il y a toute une série de propositions qu'il faisait, que nous conduisons, que Julien DENORMANDIE conduit, et il apporte un regard et une intelligence de vision du territoire que je fais mienne.

ALBA VENTURA
Monsieur le Ministre, ce soir, à l'Elysée, le président reçoit les députés de la majorité pour une séance dite de câlinothérapie, pour tenter de les apaiser après le couac sur le deuil parental, beaucoup disent ressentir une grande amertume quand le président a notamment demandé à faire preuve d'humanité, qu'est-ce que vous leur diriez, vous, à ces députés ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je ne suis pas président de la République, mais je sais ce que je leur dis au quotidien, parce que je travaille beaucoup avec eux, sur l'affaire du congé pour le deuil, on s'est pris les pieds dans le tapis, collectivement, il faut l'assumer, il faut corriger, c'est ce que nous faisons.

ALBA VENTURA
Dans cette affaire, ce n'est pas le gouvernement qui est plus responsable que les députés quand même ?

CHRISTOPHE CASTANER
Moi, je ne sais pas qui est le plus responsable, je dis : on s'est pris les pieds dans le tapis, et donc je ne cherche pas à désigner tel ou tel responsable. Une chose est sûre, c'est que, de toute façon, nous travaillons ensemble. Vous savez, j'ai été élu député de cette majorité, je me sens lié à eux, j'étais secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, beaucoup, j'ai fait campagne avec eux sur le terrain…

ALBA VENTURA
Et là, ils en ont gros sur la patate…

CHRISTOPHE CASTANER
Nous sommes frères d'armes. Mais c'est difficile d'être député, je l'ai été, je sais que c'est compliqué. Et donc il est normal qu'il y ait aussi des temps d'échanges, de dialogues et de francs dialogues avec le président de la République. Je suis sûr que c'est comme cela que ça se passera ce soir, et ne cherchons pas opposer les parlementaires de la majorité au président de la République, nous sommes un bloc uni.

ALBA VENTURA
Merci Monsieur le Ministre.

CHRISTOPHE CASTANER
Merci à vous.

YVES CALVI
Le nouvel office anti-stupéfiant a marché de plus de 3 milliards en France avec des quartiers qui vivent de ce trafic, vient de nous dire le ministre de l'Intérieur. La structure de lutte française n'avait pas évolué depuis 66 ans. Il faut notamment frapper au portefeuille et frapper fort nous a dit Christophe CASTANER.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 12 février 2020