ALLOCUTION DE M. VALERY GISCARD D'ESTAING AU DINER OFFERT EN L'HONNEUR DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ARABE SYRIENNE ET DE MME HAFEZ AL-ASSAD, PALAIS DE L'ELYSEE, LE 17 JUIN 1976

Prononcé le

Intervenant(s) :

Circonstance : DINER OFFERT EN L'HONNEUR DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ARABE SYRIENNE ET DE MADAME HAFEZ AL-ASSAD

Texte intégral

MONSIEUR LE PRESIDENT, C'EST A LA FRANCE QUE VOUS AVEZ TENU A RESERVER VOTRE PREMIER SEJOUR OFFICIEL DANS UN PAYS D'EUROPE OCCIDENTALE ET C'EST LA PREMIERE FOIS QUE LA FRANCE A L'HONNEUR DE RECEVOIR EN VISITE_D_ETAT LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ARABE SYRIENNE. CETTE CONSTATATION EXPLIQUE LE PLAISIR QUE J'EPROUVE A VOUS ACCUEILLIR A L'ELYSEE ET CELUI QUE NOUS AVONS, MADAME GISCARD D'ESTAING ET MOI-MEME, A SALUER, A VOS COTES, MADAME HAFEZ AL-ASSAD ET LES MEMBRES EMINENTS DE VOTRE DELEGATION. ELLE SOULIGNE L'IMPORTANCE DE VOTRE VISITE ET ELLE EN ECLAIRE LA SIGNIFICATION. DANS LA LONGUE TRADITION DES RAPPORTS ENTRE LA FRANCE ET LA SYRIE, VOTRE VISITE, MONSIEUR LE PRESIDENT, ILLUSTRE UNE PERMANENCE : DANS L'_ETAT PRESENT DE LA CONJONCTURE INTERNATIONALE, ELLE REPOND AUX BESOINS DE LA PLUS EVIDENTE ACTUALITE. Õ `POLITIQUE EXTERIEURE ` RELATIONS FRANCO - SYRIENNES` LA CORDIALITE ET LA CONFIANCE DONT TEMOIGNE NOTRE RENCONTRE, MONSIEUR LE PRESIDENT, PLONGE SES RACINES DANS UNE LONGUE HISTOIRE QUI A NOUE ENTRE NOS DEUX PEUPLES DES LIENS DE SYMPATHIE ET DE COMPREHENSION RECIPROQUES. J'EN VOIS UNE ILLUSTRATION DANS LES TRAVAUX DE FOUILLE QUE CONDUISENT SUR VOTRE SOL QUELQUES-UNS DE NOS MEILLEURS ARCHEOLOGUES ET QUI ONT NOTAMMENT ABOUTI A METTRE A JOUR, A MARI D'ABORD, A TELL MOUREIBET TOUT RECEMMENT, LES VESTIGES D'UNE CIVILISATION DONT L'ANTIQUITE REMONTE JUSQU'AU VIIIEME MILLENAIRE AVANT NOTRE ERE. DAMAS, NOUS LE SAVONS MAINTENANT, ETAIT DEJA UNE CAPITALE IL Y A QUATRE MILLE ANS. MAIS C'EST AUX PREMIERS SIECLES DE L'ERE MUSULMANE QU'ELLE DEVAIT RESPLENDIR DE SON ECLAT LE PLUS VIF, RECUEILLANT ET REPENSANT TOUT L'HERITAGE DE LA PENSEE GRECQUE AVANT DE LE TRANSMETTRE A L'OCCIDENT PAR L'INTERMEDIAIRE DES SAVANTS REUNIS A LA COUR DES SOUVERAINS OMEYYADES D'ANDALOUSIE. NOS DEUX PAYS, PLACES A DES CARREFOURS ESSENTIELS, SONT HABITUES A VIVRE AU RYTHME DES GRANDES CIVILISATIONS. L'IMPORTANCE DE LEURS ECHANGES, L'INTENSITE DE LEUR COOPERATION CULTURELLE, L'ATTENTION MUTUELLE QU'ILS PORTENT A LEURS INITIATIVES POLITIQUES TRADUISENT EN TERMES MODERNES LA VITALITE D'UNE TRADITION TRES ANCIENNE. MAIS VOTRE PRESENCE ICI, MONSIEUR LE PRESIDENT, N'EXPRIME PAS SEULEMENT CETTE PERMANENCE. ELLE REPOND AUSSI AUX PRESSANTES SOLLICITATIONS D'UNE ACTUALITE IMMEDIATE. LA CRISE QUE VIT LE PROCHE-ORIENT DEPUIS BIENTOT TRENTE ANS A PRIS AU LIBAN LES PROPORTIONS D'UN DRAME NATIONAL. COMME LA SYRIE, LA FRANCE SE SENT DIRECTEMENT CONCERNEE DANS SON COEUR ET DANS SA RAISON, PAR CETTE CRISE ET PAR CE DRAME. ELLE EST SENSIBLE AUX SOUFFRANCES QU'ILS IMPOSENT A UN PEUPLE AUQUEL LA FRANCE ET LA SYRIE SONT ATTACHES PAR LES LIENS DE L'HISTOIRE, DE LA CULTURE ET DE L'AMITIE. ELLE EST ATTENTIVE AUX RISQUES QU'ILS FONT COURIR A L'EQUILIBRE INTERNATIONAL ET A LA PAIX
`POLITIQUE EXTERIEURE ` RELATIONS FRANCO - SYRIENNES` FACE AU DRAME LIBANAIS, LES MOYENS QUE DES PAYS AMIS PEUVENT ENVISAGER DE METTRE EN_OEUVRE POUR FACILITER SON DENOUEMENT NE SONT PAS IDENTIQUES. IL NE SAURAIT EN REVANCHE Y AVOIR DE DOUTE POUR LA SYRIE ET POUR LA FRANCE, NI SUR L'OBJECTIF A POURSUIVRE NI SUR LES CONDITIONS A REMPLIR POUR L'ATTEINDRE. LE BUT C'EST DE PRESERVER L'INTEGRITE ET LA SOUVERAINETE DU LIBAN, DONT L'UNITE ET LA DIVERSITE SONT INDISPENSABLES A L'EQUILIBRE DE LA REGION. LES CONDITIONS, C'EST D'ABORD DE RETABLIR LA SECURITE PAR L'APPLICATION EFFECTIVE D'UN CESSEZ-LE-FEU ; C'EST ENSUITE D'ASSURER LA RECONCILIATION DES LIBANAIS ET LA DEFINITION PAR EUX-MEMES DU FONCTIONNEMENT DE LEURS INSTITUTIONS POLITIQUES ; ET C'EST ENFIN DE RECONSTRUIRE L'ETAT, AFIN DE LUI PERMETTRE D'EXERCER SON AUTORITE. C'EST EN-FONCTION DE CETTE ANALYSE QUE NOUS AVONS PROPOSE LE _CONCOURS DE LA FRANCE A LA CONSOLIDATION D'UN CESSEZ-LE-FEU REEL ET QUE NOUS AVONS FAIT SAVOIR QUE NOUS SOMMES PRETS A FACILITER L'ORGANISATION D'UNE "CONFERENCE DE RECONCILIATION". CES _CONCOURS RESTENT OUVERTS. LA FRANCE NE CHERCHE PAS A S'IMPOSER MAIS A AIDER, ET RIEN NE LA SATISFERAIT DAVANTAGE QUE DE CONSTATER QUE SON _CONCOURS N'EST PAS NECESSAIRE. LE DRAME LIBANAIS, SON EVOLUTION RECENTE LE MONTRE, N'EST D'AILLEURS QU'UN ASPECT DE LA CRISE DU PROCHE-ORIENT. IL N'EN COMPLIQUE PAS SEULEMENT LE REGLEMENT, IL POURRAIT AUSSI EN PROVOQUER DE NOUVEAUX ET DANGEREUX REBONDISSEMENTS. LA FRANCE SE FELICITE A CET EGARD DE LA SAGE DECISION QU'A PRISE VOTRE GOUVERNEMENT EN ACCEPTANT LE RENOUVELLEMENT DU MANDAT DES FORCES DES NATIONS-UNIES `ONU` STATIONNEES SUR LE SOL SYRIEN. ESSENTIELLE POUR PREVENIR UN AFFRONTEMENT ARME, LA PRESENCE DE CETTE FORCE NE CONSTITUE CEPENDANT QU'UNE MESURE CONSERVATOIRE DANS L'ATTENTE D'UNE SOLUTION D'ENSEMBLE DONT LA FRANCE NE SE LASSE PAS DE SOULIGNER LA NECESSITE ET L'URGENCE. VOUS SAVEZ, MONSIEUR LE PRESIDENT, QUELLES SONT SUR CE SUJET NOTRE ANALYSE ET NOTRE POLITIQUE. RIEN NE SERA EFFICACE NI DURABLE SI L'ON NE PARVIENT PAS A UN CONSENSUS SUR LES PRINCIPES QUI DEVRONT INSPIRER LE REGLEMENT : LE DROIT POUR LES ETATS ARABES DE RECOUVRER LEUR INTEGRITE TERRITORIALE, CE QUI SIGNIFIE L'EVACUATION DES TERRITOIRES OCCUPES ; LE DROIT DU PEUPLE PALESTINIEN A UNE PATRIE ; LE DROIT ENFIN DE CHACUN DES ETATS DE LA REGION A VIVRE EN PAIX A L'INTERIEUR DE FRONTIERES SURES, RECONNUES ET GARANTIES. A L'INTERIEUR DE CE _CADRE, DIFFERENTES FORMULES SONT CONCEVABLES POUR RESOUDRE LE PROBLEME PALESTINIEN QUI EST AU_COEUR DU DEBAT ; EN DEHORS DE LUI, IL N'Y A DE PERSPECTIVE QUE POUR UNE PROLONGATION INDEFINIE DU CONFLIT. C'EST A REUNIR CE CONSENSUS QUE NOUS EMPLOYONS AUPRES DES UNS ET DES AUTRES. NOUS SOMMES PRETS A FAVORISER, SI L'OCCASION NOUS EN EST OFFERTE, TOUTE NEGOCIATION SUSCEPTIBLE DE RAPPROCHER LES POINTS_DE_VUE. LE MOMENT VENU, NOUS PRENDRONS NOTRE PART DE RESPONSABILITE DANS LES GARANTIES DONT LE REGLEMENT DEVRA ETRE ASSORTI
`POLITIQUE EXTERIEURE ` RELATIONS FRANCO - SYRIENNES` PARALLELEMENT, NOUS ENTENDONS CONTRIBUER, DANS LA MESURE DE NOS MOYENS, A LA STABILITE ET AU PROGRES DES PAYS DU PROCHE-ORIENT. C'EST LE SENS DE LA POLITIQUE DE COOPERATION ACTIVE QUE NOUS PRATIQUONS AVEC CHACUN D'EUX ET, EN-PARTICULIER, AVEC LE VOTRE, MONSIEUR LE PRESIDENT. LES REMARQUABLES PROGRES ECONOMIQUES QUE LA SYRIE DOIT A VOTRE IMPULSION PERSONNELLE, A L'ACTION DE VOTRE GOUVERNEMENT ET AU TRAVAIL DE SON PEUPLE NOUS ENCOURAGENT A POURSUIVRE CETTE POLITIQUE ET JE SUIS CONVAINCU QUE NOS ENTRETIENS NOUS FOURNIRONT L'OCCASION D'EN EVOQUER LES PERSPECTIVES D'AVENIR. NOUS SAVONS, MONSIEUR LE PRESIDENT, QUELLE PLACE LA REPUBLIQUE ARABE SYRIENNE OCCUPE AU PROCHE-ORIENT, ET QUEL ROLE VOTRE GOUVERNEMENT EST APPELE A Y JOUER. JE SAIS AUSSI QUE SUR BIEN DES POINTS NOS PREOCCUPATIONS REJOIGNENT LES VOTRES. C'EST POURQUOI J'ATTACHE UNE IMPORTANCE PARTICULIERE DANS LES CIRCONSTANCES PRESENTES A L'OCCASION QUE VOTRE VISITE OFFRE A NOS DEUX GOUVERNEMENTS D'ECHANGER LEURS VUES. JE SALUE, MONSIEUR LE PRESIDENT, VOTRE PRESENCE A PARIS, CELLE A VOS COTES DE MADAME AL-ASSAD AINSI QUE LES EMINENTES PERSONNALITES QUI VOUS ACCOMPAGNENT. JE FORME DES VOEUX POUR LE SUCCES DE VOTRE VISITE, POUR L'AVENIR DE L'AMITIE ET DE LA COOPERATION FRANCO - SYRIENNE ET POUR UNE PAIX JUSTE ET DURABLE AU PROCHE-ORIENT